CHAPITRE VIII
Des saccesseurs de Goziin. — Renaud de VeDdôme. — Le sac
de SaiDt-Germain des Prés.
L'évêque qui succéda à Goziin sur le trône épiscopal, continua son œuvre. Anschéric tua dans une sortie plus de six cents hommes aux Normands. Aussi eut-il de droit ce gouvernement de Paris, que son prédécesseur avait eu de fait.
Anschéric gouverna quinze ans et Théodulphe son successeur, douze ; c'est lui qui fit insérer dans les litanies ce verset que l'histoire a conservé :
« A furore Normannoymm, libéra nos. Domine, n
Notre-Dame posséda sa tête jusqu'à la révolution qui l'envoya rejoindre les cendres de ses saints collègues, dont les reliques faisaient l'envie de la France entière.
Gauthier, Albé-ic, Constance, Renaud, Engelbert furent tous mêlés au gouvernement non-seulement de
Paris, mais aussi du pays tout entier. Comme chanceliers de France, l'histoire ne mentionne avec leurs noms que des actes d'administration sans importance.
Quoi qu'on fît, les Normands désolaient toujours par leurs incursions, les rivages de la Seine. Ce que n'avaient pu faire l'épée de Gozlin et l'or de l'empereur, la parole des missionnaires envoyés dans le propre pays des barbares devait l'accomplir.
Louis le Pieux avait eu une idée profonde lorsqu'il envoya aux hommes du Nord des apôtres chrétiens, et si cette idée avait eu une complète réalisation, la France n'eût pas déploré tant de malheurs.
En effet, au commencement de l'épiscopat de Renaud de Vendôme, l'abbaye de Saint-Germain des Prés, la reine des abbayes, la rivale de Saint-Denis, Saint- Germain des Prés, qui tenait le sceptre de la science naissante comme Saint-Denis recevait le sceptre des rois mourants, fut dévastée de fond en comble.
Aux premières lueurs du jour, alors qu'on récitait les matines, un bruit formidable se fait entendre. Ce sont les Normands, amarrant leurs barques chargées d'hommes armés , et dont les clameurs retentissent depuis Saint-Cloud.
L'enclos de l'abbaye comprenait tout l'espace aujourd'hui circonscrit entre la rue de Seine, la rue Sainte- Marguerite, la rue Saint-Benoît et la rue Jacob. Ce n'était pas encore l'abbaye féodale, disciplinée dans une sévère hiérarchie, avec ses flèches et ses clochers