‹ Les evêques et archevêques de Paris depuia saint Denys jusqu'à nos jours: Avec des documents inéditsChapitre 32 sur 112 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

s'élevant au-dessus de remparts solides, avec ses courtines crénelées que desservent des fossés pleins deau, communiquant avec la Seine par un canal qui traverse le Pré-aux-Clercs.

Mais déjà Saint-Germain était digne de son nom

âUnclyie royale et première de France. Déjà, des merveilles innombrables s'étaient accumulées entre des mains conservatrices par excellence , où rien ne se dispersait, ne se perdait, ne se gaspillait. Notre temps, où tout passe vite, n'a point le sens de cette durée et il faut réfléchir quelques instants, pour avoir la notion nette de cette immobilité et de cette stabilité.

Or, ce jour-là tout fut détruit ; en vain, les moines se réfugièrent dans la cité. Celui-ci porte les vases sacrés, celui-là sauve les manuscrits sur papyrus, et le culte de Dieu et le génie de l'homme s'en vont ainsi, fuyant devant l'invasion qui se précipite, tandis que, maîtres de l'abbaye, les barbares allument peut-être le feu avec les derniers livres de Tacite ou la République de Cicéron.

Renaud de Vendôme, évêque de Paris à cette époque, était le fils de Bouchard le Vénérable, deuxième comte de Vendôme et de Melun, nommé par Hugues Capet, comte de Paris.

Grand chancelier de France, le comte Renaud offi'e un des exemples les plus frappants de l'importance et de la grandeur de cette dignité d'évéque de Paris; puisque premier ministre et gouverneur par droit de

naissance de la capitale, il sollicitait les suffrages des clercs, pour devenir pasteur de la cité. Le spirituel l'emportait tellement sur le temporel au moyen âge, qu'il rehaussait et augmentait par cette prélature élective, ses prérogatives de naissance.

Albert de Tronchiennes succéda à Renaud, il abdiqua et eut pour successeur Francon, un grand seigneur, fils du comte de Boulogne et d'Adèle de Gand. Francon gouverna dix ans, et un siècle environ après sa mort, Etienne de Senlis était revêtu de la dignité épiscopale.

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