PREMIÈRE PARTIE
La poésie ne défie pas Corneille, mais elle offre un véritable intérêt historique : on fit sous Tépiscopat d*Etienne de Borest une autre description ; nous nous contenterons d'en détacher le passage qui se rapporte à la cité :
Si les ai tous en rimes rois,
J'ay commencié à Notre-Dame,
Qui nous 8au?e et gart cors et ftme,
Pour ce que c'est la mère Eglise
De Paris, après, de ma guise
Près le Moustier Saint-Jean le Ront,
Entre eux deux n'a ne val ne mont ;
Ne saint Aignien n*oubli-je pas,
Et puis la Chapelle-aux-Noctaires
Où il repaire mains vicaires.
Et puis après la Maison Dieu
De Paris, ou à digne lieu ;
En rue neuve pas ne griève
Le Moustier Sainte-Geneviève
La Petite, que je ne faille
Devant cette église sans faille.
Veut on chapon, gelines, cos.
Perdrix, plouviers et widecos.
Après le Moustier Saint- Christophe
Qui de l'amour Dieu fit son coffre i
Quand le porta outre la mer,
Servir le devons et amer.
Entour vend-on fromages, œfs.
Près d'ilec siet Saint-Pierre-aux-buefs.
(1) Allusion à la légende de Saint-Christophe.
Et puis après la Magdelaine Qui vers Dieu ne fut pas vilaine, De ses larmes ses piez lava, De ses péchiez Dieu la lava, Aussi nous veuille il pardonner Les DOS, et sa gr&ce donner.
Après Q^i saint Symphorien^ En une place séant bien Au bout de la Peleterie, Devant fait-on boulangerie ; Et au bout de la rue aux Fèvres Où il demeure pou d'orfèvres.
Qui facent calices, ne crois Là sied le Moustier Sainte-Croix, Après Saint-Pierre-des-ArciSy Entre les drapiers est assiz Et saint Mahias sied après Qui des savetiers est bien près, Plusieurs sont si paroissien Que c'est un Moustier ancien.
Près d'ilec siet une chapelle Qui moult est digne, riche et bêle, C'est la Chapelle nostre roy Ou de biauté a grand arroy Et de richesse ; y a grant masse De reliques en une chasse, Aux quiex l'on doit porter honneur Pour l'amour de Nostre Seigneur.
La plupart de ces églises ont aujourd'hui disparu; c'étaient les plus anciens monuments de Paris, car l'église était souvent bâtie avant tout autre édifice.