‹ Les évêques et archeveques de ParisChapitre 19 sur 100 · PREMIERE PARTIE. O · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. O

moule, les accommoder de la même façon, eux qui dépassent toujours de quelque côté le commun des hommes, qui ont des allures si bien à eux et des physionomies si caractéristiques, et qui n'ont, humaniement parlant, qu'un trait de commun, celui de sortir tous de l'ordinaire. Les saints sentent leur terroir et portent profondément l'empreinte de leur temps et de leur pays.

Il y a des saints savants, élevés, aristocratiques, remuants ou sédentaires, rois ou bourgeois, mystiques ou simples, évéques ou mendiants, tous de grand air.

La plupart d'entre eux ont beaucoup souffert; car tout ce qui est grand et haut, porte en soi son supplice, et est puni par sa grandeur même de quitter les voies communes de l'humanité. Voilà pourquoi le triomphe des saints est le moment de leur mort.

Nous avons dit qu'il y a des saints puissants comme des saints populaires.

Saint Landri fut de ceux-ci, il fut le Vincent de Paul de son époque.

Landri est l'évêque du peuple, c'est le pasteur qui donnerait sa vie pour la dernière brebis de son troupeau . C'est l'incarnation de la charité et de la bienfaisance ; avec cela saint Landri était le plus modeste de son clergé ; il aimait l'ombre pour faire le bien ; si on l'avait consulté pour le canoniser, il se fût écrié bien haut : « Mais, cela est tout naturel, je ne mérite nullement un tel honneur. »

Aussi le peuple vénère-t-il la mémoire de l'évêque Landri. Il est le patron des pauvres, des malheureux, des déshérités de la terre, l'ami de tous ceux qui pleurent, de tous ceux qui souffrent, de tous ceux qui n'ont pas assez d'air pour vivre, assez de pain pour manger, et qui n'ont pu trouver leur place au soleil.

« As-tu souffert, as-tu pleuré? w demande tout d'abord saint Landri, comme la poésie de Gœthe. Il faut chercher dans son épiscopat la raison de la popularité du saint.

Pendant une horrible famine qui, en 651, désola le diocèse, il vendit sa vaisselle, ses meubles, et jusqu'aux vases sacrés de son église pour secourir les indigents.

Saint Landri, le bienfaisant prélat, fonda l'Hôtel- Dieu, comme Germain, le savant prélat, avait fondé l'Université de Paris.

Jusqu'à lui les Matriculœ étaient le seul refuge des malades pauvres. Ces asiles étaient soutenus par les aumônes viagères des riches. Il fonda l'hôpital Saint- Christophe avec des revenus fixes assurés. C'est à lui que revient la gloire d'avoir été le premier fondateur du premier hôpital de Paris.

Cette maison était bâtie sur l'emplacement même de celle d'Erchinoald, le maire du palais.

Ce fut lui qui forma, sous le nom de Recueil de Formules, le premier code français et parisien. Toutes les lois, toutes les coutumes, ordonnances, formules de

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