PREMIÈRE PARTIE
de la plénitude de tes rayons, les contrées où tu faisais ton séjour, tu as préparé le salut de notre race qui périssait.
r, A qui donc puis-je te comparer, ô Reine du ciel, plus sainte que tous les Saints? Veille toujours désormais sur un pays qui t'honore. «
Après cette prière, Gozlin, saisissant un javelot, tua lin soldat normand qui présidait à cette exécution, tandis qu'Ebles perçait d'un même javelot, pareil à une broche gigantesque, plusieurs Normands qui se trouvaient liés ainsi, et tombaient ensemble comme une masse.
Pendant un an, Cxozlin soutint chaque jour le même combat, pendant un an, il fut sur la brèche, défendant la bonne ville pour le roi et pour Dieu ; car la haine de la foi chrétienne était aussi grande pour le moins chez ces barbares, que l'horreur du nom Franck.
Une nuit, au milieu de ses angoisses, le Ciel envoya un soulagement au vaillant prélat.
Il vit apparaître son prédécesseur, l'illustre saint Germain ^ qui embrasse son frère Gozlin de tout le feu d'une amitié sincère et supérieure aux affections terrestres.
•^ Je suis Germain, lui dit-il, autrefois évêque de cette cité; elle ne sera pas engloutie dans le gosier avide de ces barbares, mais brillera entre toutes les villes. «
Ut regina micans super omucs urbps.
Gozlin tenait pour la résistance, et le pusillanime Charles le Gros inclinait à la rançon.
Le 16 avril ^'èQ, Gozlin mourut, sur la Ijrèche, au milieu de ses ouailles, et Paris prit le deuil.
Homme d'égiise, homme d'Etat, homme de guerre, un concert de gémissements accompagna son cercueil.
^ Que la terre gémisse, s'écrie Abbon, ainsi que le ciel dans toute l'étendue d'un pôle à l'autre. Gozlin, ce prélat du Seigneur , ce héros si humain , s'en va dans le séjour des astres, astre brillant lui-même,
habiter avec le Seigneur Au milieu de nous, il fut
notre rempart, il fut pour nous une hache à deux tranchants, un arc et une Hèche terrible ! -
Quelques mois après, l'empereur rachetait Paris au prix de sept cent mille livres d'argent, et de la plume qui venait de signer ce traité ou mieux ce trafic, Charles le Gros signait, sans le savoir, l'abdication de sa dynastie.
Ses successeurs ne purent racheter eux-mêmes de leur sang, la rançon de la capitale.
Leur courage fut inutile.
En effet, la décadence des Carlovingiens ne ressemble pas à celle des Mérovingiens.
Ce ne sont plus là des hommes étiolés par la