PREMIÈRE PARTIE
1 evêché, lesquels cumulaient leur profession avec celle de barbier.
L'un d'eux, le doyen, s'approcha de Guillaume, et se mit en devoir de lui raser la barbe ; il s'arma ensuite des ciseaux de fer et lui accommoda les cheveux à la manière des capucins de nos jours.
Il était ordonné par les saints conciles que le clergé supérieur ou subalterne se rasât le sommet de la tête en rond ; on laissait un cordon de cheveux fort courts, la nuque et le surplus de la tête étaient sans cheveux ; on exprimait ainsi en abdiquant ses cheveux, qu'on devenait le serf de Dieu.
Et c'était là un grand sacrifice pour un homme honnêtement né, car la chevelure était restée, depuis Clovis, l'insigne de l'homme libre.
On jurait sur sa chevelure comme on jure sur son honneur. En saluant quelqu'un, rien n'était plus poli que de s'arracher un cheveu et de le lui présenter. Un roi s'arracha un cheveu et le donna à un évêque pour lui marquer à quel point il l'honorait, aussitôt chaque courtisan s'en arracha un et le présenta au prélat qui retourna dans son diocèse, enchanté des politesses de la cour.
Après la cérémonie de la coiffure, Guillaume revêtit les habits épiscopaux, la robe de soie fourrée de vair, le surplis et l'étole, le vêtement long qui traînait à terre, et dont l'ouverture était du haut en bas garnie d'or phrygien.
On lui mit sur la tête la mitre de drap d'or, enfin ses clercs déposèrent sur ses épaules le magnifique pluvial, offert par les orfèvres et sur lequel on voyait la création du monde avec tous ses épisodes..
Qu'on ouvre les portes de l'abbaye ! . .
Les quatre plus grands seigneurs de la chrétienté de Paris entrèrent ; c'étaient les barons de Montmorency, de Chevreuse, de Lnzarches et de Montgeron. Ce dernier tenait à la main un parchemin orné du sceau royal en cire verte.
Tous quatre s'inclinèrent profondément; et Guillaume prit le pli de monsieur le Roi.
Saint Louis priait l'évêque de l'excuser s'il ne venait pas remplir envers lui son devoir de féal chevalier, en le portant à son entrée sur la chaire seigneuriale, comme c'était l'usage, et d'agréer pour le remplacer son loyal chambellan le baron de Montgeron.
En effet, le roi de France, comme seigneur de Corbeil, de Montlery et de la Ferté-Aleps, devait l'hommage à l'évêque de Paris dont il était vassal, et par conséquent tenu de le porter à son entrée.
Tout ayant été réglé, le cortège se mit en marche.
D'abord venaient les varlets de l'évêque de Paris, montés sur ses vingt chevaux, et sonnant de la trompette, tandis que plus loin, les clercs chantaient le Te Deum, accompagnés par les violes, les harpes et les psaltérions.
La garde épiscopale les suivait, portant la cuirasse