‹ Les évêques et archeveques de ParisChapitre 51 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Monsieur le prévôt, en mantel de samit vermeil fourré d'hermines, prête serment de fidélité à l'évêque, comme le prévôt de l'évêque prête serment de fidélité au roi, le roi et l'évêque se devant mutuelle protection et assistance comme suzerains de la bonne ville de Paris.

Le baron de Montmorency, tête nue, sans éperons, sans épée, se met à genoux sur le second degré du trône épiscopal, et, les mains dans celles de Guillaume :

« Je deviens cotre homme de ce jour en avant, de vie, de terrestre honneur, et à vous serai féal et loyal, et foi à vous porterai des tê7iements que je reconnais tenir de vous, sauf la foi que je dois à notre seigneur le roi. r>

L'évêque fit relever le l^aroii, l'embrassa et lui remit un anneau d'or.

Un amieau d'or fut remis au seigneur de Tournan pour son château et sa châtellenie, au comte de Beaumont 2^^'o castra et castellenia de Confluente , au seigneur de Montjoy qui, en se reconnaissant homme-lige du prélat, lui remit, comme il devait, un cierge de dix sols.

Puis vinrent les seigneurs de Villiers, de la Boissière, d'Andelu, de Mareuil, de Chevreuse, de Senlis, de Béthizy, de Bouvigny, de Garges et le comte Guillaume de Bretagne.

Tous jurèrent de faire descendre leur drapeau de leur donjon et d'y élever celui de l'évêque , leur seigneur, à son premier commandement, à son com-

maiidemeiit proféré avec colère, ou sans colère, soutenu par g-rande ou petite force, pour cause de délit ou sans délit, comme s'énonce la formule de droit féodal.

Et le sire de Rocliefort, cpii, sous l'épiscopat précédent, avait rompu et abjuré la foi et l'hommage qu'il devait garder , vint tête basse , et , se frappant la poitrine :

— « Très-débonnaire Sire, pardonne-moi ta colère et ton mécontentement, car j'ai méchamment et orgueilleusement agi. ^

L'un , par le serment féodal , promit de donner cinquante sous parisis et trois setiers du meilleur froment à l'évêque, le jour de la fête de vSaint-Pierre ; l'autre jura d'assister, le jour de la Saint-Jean, à l'office de Notre-Dame, avec ses écuyers et sa maison.

Jusqu'à la nuit tombante, il arriva de tous les points du diocèse des chevaliers suivis de leurs gens d'armes, précédés de leurs bannières, des barons, des abbés, des seigneurs de tout rang, qui venaient mettre leurs mains dans celles de leur suzerain et en recevoir l'investiture.

Guillaume de Noisement y rencontra Pierre de Condé, Jean d'Orléans y salua Guillaume de Bar, Hugues de la Tour, Robert de Béthune, Jean de Tilly, Geoffroi de Juignes se succédèrent aux pieds de Guillaume d'Auvergne.

Il en vint de toute la France, témoin le seigneur de Térouanne pour sa ville, et Jean du Coudray, suzerain

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