PREMIÈRE PARTIE
de la sainte couronne d'épines de Notre-Seignenr, obtenue sans verser une goutte de sang-.
C'avait été fête nationale, que l'entrée de la Sainte- Couronne. Nul n'était sans connaître les lais, virelais, rondes, complaintes et ballades qui avaient été composés à cette occasion, et qui jouissaient d'une grande popularité.
Le roi et la reine étaient partis à la rencontre de la précieuse relique, ils la rencontrèrent à Villeneuver Archevêque, près de Troyes, et vérifièrent les sceaux et les actes qui en constataient l'authenticité.
Puis ils descendirent de leur char, tendu de brocart d'or à pois rouges, et fermé par une chaîne d'argent, et se prosternèrent.
Une châsse extérieure de bois renfermait la cassette d'argent qui contenait la cassette d'or, où reposait la couronne d'épines.
Le 18 aoiît 1239, elle entrait processionnellement à Paris. Le respect contemporain pour les reliques n'est rien auprès du culte qu'on leur rendait au moyen âge. La joie de les posséder ne se peut comparer qu'à la désolation universelle qui s'emparait des peuples, quand il fallait se séparer des restes du corps vénéré; les châsses étaient l'arche de la civilisation.
L'arrivée de la Sainte-Couronne fut donc un événement immense. Les huchiers , imagiers , orfèvres , écriniers avaient tenu conseil, et les mains des plus habiles avaient fabriqué ce chef-d'œuvre d'orfèvrerie.
que la révolution a détruit, (|ue nos pères ont si longtemps admiré.
C'était alors l'usage en Occident, de construire les reliquaires pour les reliques, au lieu de les placer comme aujourd'hui dans une châsse en forme de chapelle. Un étui d'or alîectant la forme d'un bras, était destiné à recevoir les bras des martyrs , leur chef était renfermé dans une tête de métal précieux.
Aussi la châsse destinée a la couronne d'épines, était une couronne royale, avec les douze apôtres dans des niches sur le cercle, tandis qu'à l'intérieur un cylindre de cristal devait supporter la relique.
Tous les chapitres, religieux et religieuses prirent place dans le cortège de la Sainte-Couronne ; derrière eux, venait monseigneur Guillaume d'Auvergne et son clergé, puis le roi et le comte d'Artois, son frère, vêtus d'une simple tunique, et les |iieds nus, portant la châsse sur un brancard.
Le prince était entouré de totite sa maison : le grand prévôt de l'hôtel qui connaît des jeux de dés et de hasard de la cour ; l'archichapelain préposé à la garde de la chappe de Saint-Martin, conservée dans l'oratoire royal ; le chancelier, qui garde les sceaux de France, et le référendaire qui rédige les ordres du roi ; puis les chambellans et aumôniers de la cour.
Les six corps de Paris, ou Confrérie des marchands de VEau, drapiers, épiciers, merciers, fourreurs, orfèvres et bonnetiers, suivent les gens du roi. Ils portent