PREMIÈRE PARTIE
Nous n'oserions l'affirmer, mais il nous semble que, pour un peu, il lui ferait un crime de n'avoir pas appliqué Xéquilibre européen et d'avoir pratiqué le système de non-inte7wention. Quand on juge un individu, on peut le faire comparaître à sa barre; pour apprécier une époque, il faut se transporter chez elle. On l'oublie souvent de nos jours.
Il est des peuples où l'on tourne le dos à celui qu'on salue, où l'on ne regarde jamais celui qu'on veut honorer. - L'assuéfaction endort la vue de notre jugement, dit Montaigne. *' Il y eut des pays où les femmes allaient à la guerre, où la sépulture la plus enviée était d'être mangé par des chiens, et d'autres, par ses parents.
Les jugements de Dieu eurent leur temps ; l'Eglise les a tolérés, point approuvés, et quand elle put les remplacer par une justice plus sérieuse, elle les interdit. Ce qui fut fait, sous le règne de Louis IX, à l'instigation de Guillaume d'Auvergne et de ses successeurs.
Un homme de sens a dit qu'une institution avait iini son temps, quand elle ne rendait plus de services, et ne se signalait que par ses inconvénients, hes jugements de Dieu furent utiles jusqu'au xiii'' siècle, où l'on s'avisa de légiférer.
Il fut longtemps de mode en France, de ne pas détruire sa maison avant d'en avoir construit une autre pour la remplacer; c'était afin de ne pas loger dans la rue.