‹ Les évêques et archeveques de ParisChapitre 65 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

rendre vermeilles. On lui trempait les pieds et les mains dans l'eau froide.

Il était nécessaire, en conduisant l'enfant à l'église, pour le baptême, au son d'instruments de musique, de sonner les cloches à toute volée, afin qu'il ne fût pas sourd.

A son retour de l'église, il était sage de lui faire boire, du vin bénit. Pour le mariage, on devait le matin frapper avec des bâtons la plante des pieds des mariés; il était prudent de faire bénir cinq anneaux et de laisser tomber le premier.

Sur ces anneaux, on faisait couler le premier jet d'un tonneau de vin blanc, percé à cette intention.

Enfin, pour que le mariage fût heureux, il fallait ne rencontrer sur la route ni une femme grosse ou échevelée, ni un lièvre, ni un chien, ni un lézard, ni un borgne, ni un aveugle, il fallait surtout ne pas entendre le cri d'un oiseau.

Parmi les sacrements, l'extrême-onction était réputée funeste; celui qui la recevait avait à allumer treize cierges ; mais ceux qui se trouvaient sur le passage du saint Viatique, précédé d'un porte-croix et annoncé par une clochette, se renfermaient précipitamment dans les maisons, pour n'être pas désignés à une mort prochaine. Ceux qui ne trouvaient pas d'abri, s'agenouillaient pieusement, et entraient ensuite dans une église, pour implorer le droit d'asile contre la mort.

Quand un honune était mort, on lui mettait dans

la main une pièce de monnaie qui serait mise avec lui dans le tombeau et on avait soin, dès qu'il rendait le dernier soupir, de ne laisser aucun vase plein d'eau dans sa maison, pour que son âme ne s'y baignât point.

Pour obtenir des grâces signalées, il était d'un bon esprit de faire dire sept messes des morts, de tenir sept cierges allumés, de distribuer sept aumônes après chaque messe, et de réciter auparavant sept Pater et sept Ave.

Le sacrifice de la messe n'était pas exempt de ces superstitions. Il y avait des guérisons à obtenir, des grâces à se procurer, selon qu'on se livrait à diverses pratiques bizarres, au moment où les confréries présentaient le pain bénit, environné de banderoUes, au son des violons et des flûtes, tandis que les chevaliers de l'arquebuse faisaient des décharges de mousqueterie.

Pendant le Sanctus, si vous mettez deux fétus en croix , vous retrouverez indubitablement les objets perdus, si vous tenez la bouche ouverte, vous serez préservé de la morsure des chiens enragés.

On frottait de chrême un criminel, pour le forcer à avouer son crime, et il n'était pas rare de voir jeter dans les flammes des hosties consacrées pour arrêter un incendie.

On comprend sans peine que le prélat placé à la tête du diocèse, ne pouvait laisser subsister de pareilles superstitions, dont parfois la sorcellerie même faisait son profit. L'évêque eut donc à les combattre sans relâche , tout en laissant les dévotions particulières

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