PREMIÈRE PARTIE
te tourmenteront, garde bien d'avoir le nom de Dieu en ta remémorance. ^
^ Les diables arrivent et emmènent le chevalier dans un plain champ, moult long et moult plein de douleurs. Là étaient hommes et femmes de divers âges, qui se gisaient tout nus, très tous étendus à terre, a yant des clous ardents fichés parmi les mains et parmi les pieds ; et y avait un grand dragon tout ardent qui leur fichait les dents dans la chair. »
En poursuivant sa route, il voit une foule d'âmes plongées dans des cuves de métaux fondus, il voit toutes sortes d'horribles supplices, jusqu'à ce que deux archevêques lui ouvrent la porte de pays « de toutes semblances et délices de beauté, -^ d'où il revint frais et dispos parmi les humains.
Un serf breton, coupable d'une faute légère, rencontra un soir son cheval, mort et enterré depuis peu, qui le força de monter en croupe et le promena jusqu'au matin.
Un évêque, qui, en temps de guerre, avait quitté ses ouailles, avait été souffleté et meurtri de coups par saint Pierre lui-même.
Sous l'épiscopat d'Etienne de Borest, un chanoine de Notre-Dame, inhumé dans le chœur, revint plusieurs nuits de suite, jusqu'à ce qu'il eût trouvé un confesseur, parce qu'il avait un péché mortel qui l'empêchait de reposer.
A la même époque , dix-huit hommes et quinze
femmes s' étant mis à danser et à chanter dans le cimetière, tandis qu'on célébrait la messe de minuit à Noël, le prêtre qui disait la messe les excommunia, en sorte que les pauvres excommuniés continuèrent à danser et à chanter sans paix ni trêve, pendant une année entière, sans recevoir ni pluie ni rosée, sans ressentir ni faim, ni fatigue.
L'évêque laissait faire tant que les légendes populaires n'attaquaient en rien le dogme de l'Eglise. Dans le cas contraire, il était forcé de sévir. Indulgent pour les superstitions que créait la foi naïve des fidèles, il poursuivait celles qui touchaient à l'essence, à l'esprit, à la forme des sacrements.
Les sacrements ne pouvaient admettre aucun mélange superstitieux et idolâtre, sous peine de compromettre le principe même de la religion.
Au XI v" siècle, par exemple, les évêques furent dix fois consultés sur la question de savoir si l'eau chaude ou l'eau froide pouvaient indifféremment servir au baptême, si l'on pouvait baptiser avec de l'eau bourbeuse, amère, colorée, avec du vin ou tout autre liquide.
L'évêque référait au pape, qui, le plus souvent proscrivait tout autre chose que l'eau, quelle que fût d'ailleurs sa qualité.
On pensait qu'il ne fallait baptiser les garçons que quarante jours après leur naissance, les filles que quarante jours après les garçons. On frottait les lèvres de l'enfant nouveau-né avec une pièce d'or, afin de les