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PREMIÈRE PARTIE

l'Eglise, incarnation vivante de ce principe, par moments méconnu , mais éternel , que le droit prime la force.

En l'Eglise, on trouvait le frein, le régulateur des choses humaines, la garantie du pouvoir royal dit de droit divin : le principe d'autorité fondé sur le respect.

Depuis qu'on a proclamé cette suprême injustice : l'égalité, la France a perdu le respect et l'Eglise, son rempart, est en butte aux attaques universelles.

On ne gouverne une chose qu'avec des moyens qui lui sont extérieurs. C'est toujours le mot d'Archimède :

— Donnez-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde.

A plus forte raison pour un homme et pour un peuple, faut-il un point d'appui hors d'atteinte. Une monarchie, depuis Sésostris, n'a jamais subsisté sans droit divin, ni une république sans religion.

Depuis un siècle, nous voyons que le lien politique se relâche et que le lien moral ne se resserre pas, et les plus éternelles vérités ont besoin d'être prouvées et les plus grands principes soutenus, si bien que rien ne subsiste plus dans la patrie, car, une chose qu'on soutient est une chose qui tombe.

Il a suffi d'un siècle, pour détruire ce que quinze siècles avaient fait ; selon le mot de Louis XVIII : le mal a des ailes, le bien a la goutte.

On se demande alors , si ce n'était pas une belle époque, celle où le clergé ramenait par la trêve de

Dieu une paix relative dans cette société militaire, par la seule force de la religion, où les seigneurs français disaient à l'empereur d'Allemagne, répondant à l'offre qu'on avait faite de l'empire à Robert, frère de saint Louis : ^ Nous croyons que notre seigneur le roi de France porté sur le trône par la noblesse héréditaire de son sang, est bien au-dessus d'un empereur, qui ne doit son élévation qu'à une élection qu'on lui pouvait refuser. Il suffit au comte Robert d'être le frère d'un tel roi. -

Combien paraissent petites ces disputes théologiques du moyen âge auprès des questions sociales d'aujourd'hui. « Il y a dans le naturel des hommes et des peuples, quelque chose de querelleur. Quand cet esprit de justice et de contestation s'exerce sur des minuties, pourquoi gémir? Ce sont Là les siècles heureux. •«

Le mal à craindre est celui qui attaque et qui dérange ce qu'il y a de fondamental dans l'ordre de la société.

On parle de la barbarie du moyen âge ; il est bon de dire que nous jugeons barbares les mœurs des temps et des pays qui ne sont pas conformes à notre coutume actuelle, et c'est - une violente et traîtresse maîtresse d'école que la coutume, ^ qui établit en nous insensiblement le pied de son autorité.

Il est aujourd'hui connu, que les oubliettes servaient généralement de prison et que le pilori servait à faire amende honorable. La justice était cruelle, c'a été le cas de tous les i»ays nouveaux, celui de l'Amérique,

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