LE JOLI MOUSSE
Il rit (le se sentir aimé ; Il parle avec une voix douce.
Les vieux marins l'ont surnommé Le joli mousse.
Dans les voyages au long cours, — Que d'ennuis un voyage entraîne!
L'aumônier lui fait des discours Et le traite en petite reine.
On dirait, tant il est mignon, Qu'il va se casser quand il tousse.
Il est haut comme un champignon.
Le joli mousse.
Parfois il rôde sur le pont, Disant des choses peu gentilles.
Quand on le sermonne, il répond Que le sermon déplaît aux filles.
Il ne met pas dans un étui Sa langue leste et sa frimousse.
Comme on voit bien qu'il est chez lui, Le joli mousse!
Tel que Gavroche au cabaret.
Il chante tonton et tontaine; Mais, dès que le soleil parait, Il fait le lit du capitaine.
Avec son petit corps usé, i\.vec sa chevelure rousse, Il a l'air d'un ange blasé, Le joli mousse.
Et pourtant il mérite, hélas! La pitié du penseur austère :
Il ne sait pas lire, il est las Du métier qu'il fait sur la terre.
Ses pauvres petits veux sont pleins Don ne sait (luello olarté douce...
Hiez. matelots! moi je plains Le joli mousse.
EJIi' p<t lii. lii'lli» cl liMitc nui'. La blanolii' inaitrossp du dieu.
Lor pleut on déihirant la nue Radieuse et rouleur de feu.
Vierge qui se révèle fournie, Danaë se défeml en vain :
Tout son eorps étonné se pàine Sous le ruissellement divin.
Elle s'abandonne, éperdue, Le front pesant, l'œil égaré:
Et sa cuisse ronde est tendue En un frémissement sacré.
Dans ce crépuscule de songe, Qu'ignorent, nos regards bornés, Sa main droite pend et s'allonge Au bord des coussins inclinés.
Cette main flottante, indécise, Faite de clarté, d'ombre et d'air.
Est dans son harmonie exquise Tout le poème de la chair.
Elle a des moiteurs idéales.
Elle se livre, elle consent.
Et tout le long de ses doigts pâles Le frisson inconnu descend.
Avec sa fière mignardise,
Le poignet, ceint d'un bracelet,
Au bras replié s'harmonise
Dans de vagues blancheurs de lait.
Le dos, étalant la souplesse Voluptueuse du contour.
Sur les tissus froissés se laisse Dompter par limplacable amour.
La lèvre adorablenient close, Où le souffle semble endornii, A le sourire d'une rose Qui s'épanouit à demi.
La joie intérieure éclate, Le front rayonne de plaisir, Et la narine se dilate Dans l'effarement du désir.
Tout est pantelant, tout se donne, Et chaque fibre de ce corps Avec le Dieu qui l'emprisonne Se fond en suaves accords.
Au fond, la tunique splendide, D'un beau rouge de vermillon, Se plisse, auguste chrysalide De ce merveilleux papillon.
Au loin, s'étend la ligne pure Des monts verdoyants et des cieux ; Et l'on sent bien que la Nature, Argos, l'Olympe avec ses dieux,
Los Faunes au rire sonore, Le Zéphire, enfant de l'éther.
Itaconteront longlenips encore L'amour du divin Jupiter.