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LE GRAIX DE BEAUTE

Sur le cou penché de l'amante, Un fantasque grain de beauté Étale sa rondeur charmante, Son joli poil tout frisotté.

Dans les splendeurs de la chair grasse, L'harmonieux et fin bouton S'épanouit avec la grâce D'un tout petit bout de téton.

Le poil, exquise et folle chose, A l'air d'avoir été frisé Par la belle menotte rose De quelque Amour un peu rusé.

Si bien ijuà le voir dans sa gloire, On rêve au mystère eaelié Sous la profonde touffe noire Qui faisait sourire Psjché.

YII

LA SIKSTi;

Dans les bi-as d'une grande chaise, Qui sous son corps va s'allongeant Avec des lueurs de fournaise Au bout de ses franjj^es d'argent;

Dans la tremblante clarté lauve (Jui, connue un reptile, se tord Le long des tapis de l'alcôve, Klle fait la sieste, elle dort.

Est-ce un amant qui la portée Dans le nid soyeux des coussins, La gorge ainsi décolletée Jusqu'à la floraison des seins?

Elle est si charmante, si belle Qu'on la regarde, ensorcelé Par le petit bout de dentelle Qui flotte à son bras potelé.

Sa lèvre, qu'effleure un sourire Plein d'un mystérieux attrait, S'ouvre doucement et respire Comme une rose qui vivrait.

Les jambes, un peu relevées, Raillant le jupon mal baissé.

Étalent les formes rêvées Sous le peignoir un peu froissé,

Qui, le long de la cuisse ronde, Roule avec ses plis fins et doux Une espèce de vague blonde Dans l'écartement des genoux.

YIII

l'attente

La lampe veille, l'àtre flambe.

Madame attend son bien-aimé.

Les pieds sur un coussin, la jambe Hors du long peignoir mal fermé.

Pour peu que l'air batte la porte, Elle jette un coup d "œil furtif Vers la pendule que supporte Un satyre au geste lascif.

Au dehors, un ciel de novembre Où l'or des étoiles pâlit.

La chaleur douce de la chambre Fait craquer les planches du lit.

Ses soins, montant comme deux vagues, S'enflent sous le tissu léger; Autour d'elle, des baisers vagues Semident doucement voltiger.

Elle pâlit, en proie aux fièvres Ue l'amour, aux désirs brûlants ; Et déjà monte sur ses lèvres L'iuimidité des baisers lents.

LES cm: VF, IX

Avec leurs cascades menues, Les cheveux roulent. laissant voir La rondeur des épaules nues Sous leur Ilot transparent et noir.

La soyeuse boucle arrondie, S'attisant au souffle de l'air, A comme un reflet d'incendie Dans les Ions roses de la chair.

Les tresses, les petites tresses, Desserrant leurs poils frisottés.

Sont ruisselantes de caresses, De parfums et de voluptés;

Car l'alcôve muette et sombre Leur a fait boire, loin du bruit, L'inexprimable baiser d'ombre Qui flotte en la profonde nuit.

Il semble que la chevelure, Chaude des effluves d'avril, A pour la chair splendide et dure Un amour étrange, subtil :

Que dans la chute de ses vagues Pleine de mystiques accords, Elle a des lubricités vagues, Devant les blancs contours du corps,

Et qu'elle voudrait, dans la gloire Des astres d'or et des soleils.

Le couvrir de sa splendeur noire, De la tète au bout des orteils.

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