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LES SEI\S

Dans la mystérieuse alcôve, Où sur les murs tondus de vert Le jour met une teinte fauve, Elle dort, le corset ouvert.

Voyez I — Hors de la cage étroite La gorge bondit, faite au tour, Dure, mignonne, ronde, droite, Dans les voluptés du contour.

Les seins égaux, beautés jumelles.

Doux frères l'un à l'autre unis, Se rapiiroclieat ronime les ailes Des tourterelles dans les nids.

Les deux boulons, tendant leurs pointes Toutes prêtes à se croiser, Au-dessus des deux sphères jointes Ont l'air de vouloir se baiser.

Dans le vague frisson des choses.

Dans les promesses de l'amour, fis sont roses comme les roses, Avec un cercle d'ombre autour:

Et l'effort qu'avec tant de grâce Ils font dans le rythme des plis Creuse une belle fente grasse Entre les seins durs et polis.

LA VKILLEl'SE

La veilleuse, étoile discrète, Met sous les rideaux, blanc décor, On ne sait quelle clarté faite Avec de la poussière dnr.

Cela flotte, espèce de nue Aux contours vagues et treniblanls Au-dessus de la beauté, nue Dans le désordre des draps blancs.

(]ar voici les nuits chaudes, lourdes, Où le rêve, lutin subtil.

Fait hors des draps aux vagues sourdes Jaillir les splendeurs du nombril.

Suspendue à sa triple chaîne, La veilleuse éclaire les seins Battant le rythme de l'haleine Dans le tumulte des coussins.

Sur les ourlets de la chemise Relevée autour des flancs ronds La lumière blonde se Ijrise Gomme un flot sous les avirons.

Mais vite elle descend et plonge, Mordant de baisers défendus La jambe ferme qui s'allonge Dans l'orgueil des jarrets tendus.

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