‹ Les évolutions pathologiques de la digestion stomacaleChapitre 1 sur 45 · PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

PRÉAMBULE

Les maladies nous sont révélées par deux ordres de symptômes : les subjectifs, constitués par les plaintes des patients, et les objectifs, où signes en quelque sorte matériels, mis en évidence par les diverses méthodes d'exploration clinique.

Dans les gastropathies, plus encore peut-être que dans nombre d'autres affections viscérales, les signes subjectifs sont sous la dépendance de l'impressionnabilité fort variable et souvent exaltée des malades, ainsi que de leur état d'esprit. Ils ont encore le défaut d’être sensiblement les mêmes dans des conditions pathologiques très différentes. Enfin, il est impossible

HAYEM. — Digestion stomacale. {

au médecin d'en contrôler l’existence et d’en relever les caractères propres.

Delà l'importance prédominante des signes objectifs. Aussi a-t-on fait, dans ces dernières années, de grands efforts pour perfectionner la technique clinique et pour l'enrichir de signes objectifs nouveaux. La pathologie stomacale a fait ainsi d’incontestables progrès. À une symptomatologie restée, pour ainsi dire, banale et mal précisée, laissant souvent flotter le diagnostic et, par suite, échapper le moment opportun d'une intervention utile, médicale ou chirurgicale, s’est substituée, avec une rapidité qui fait honneur à notre époque, une grande richesse de signes d’un caractère en quelque sorte scientifique.

Les plus intéressants de ces signes physiques sont ceux qui ressortissent à la fonction sécrétoire et motrice de l'estomac.

On est entré dans une excellente voie le jour où l'on a eu l'idée de s'inquiéter, au point de vue pathologique, des diverses qualités du suc stomacal. Il fallait surprendre l'estomac en plein travail, et rien n’était plus logique que d'examiner le contenu gastrique retiré à l’aide de la sonde au moment où la digestion bat son plein.

Malheureusement les premiers observateurs n'ont utilisé que des procédés d'étude incomplets où même incorrects, de sorte que nombre de médecins ont pu reprocher aux nouvelles méthodes d'investigation

stomacale d’ennuyer et de fatiguer les malades sans apporter d'éléments précis d'appréciation.

Pour obtenir des données d’une véritable portée clinique, il était nécessaire de trouver un procédé d'analyse chimique d’une exécution simple et facile, mettant en relief les principales qualités du suc stomacal.

Le procédé d'analyse chlorométrique de M. Winter possède ces qualités !.

Apprécié de façons très diverses, surtout au début, il est aujourd’hui adopté Par un grand nombre de praticiens, tout au moins en France. Mais l'emploi ne s’en est pas généralisé. Il tend même actuellement, comme d’ailleurs celui de tous les autres procédés d'examen chimique, à tomber en discrédit. Les médecins semblent avoir éprouvé à cet égard une sorte de déception et chercher à se dégager de nouveau de toute préocupation des signes physiques pour s’en tenir, comme autrefois, à l'analyse des phénomènes subjectifs qui seraient les seuls dont on ait à tenir compte. Cettesorte de mouvementrétrograde n’échappe pas à toute explication.

La méthode chlorométrique de M. Winter constituait un progrès remarquable qui a frappé nombre de bons esprits.

Nous allons enfin, a-t-on pensé, avoir un élément

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