‹ Les évolutions pathologiques de la digestion stomacaleChapitre 16 sur 45 · CG — 0,087 H · texte numérisé non relu

CG — 0,087 H

30 em° de liquide renfermant des débris d'orange; peu de peptones; réaction acétique.

Exemples de types hyperpeptiques. — On peut trouver dans les liquides de cette catégorie les diverses variétés d'hyperpepsie. La forme hyperchlorhydrique est fréquente; elle est presque constante: dans les liquides dépourvus de résidus alimentaires. Au contraire, les formes chloro-organique et générale, plus rares, sont particulières aux cas où les liquides renferment des débris d'aliments. Ces faits: sont conformes à la signification que nous avons attribuée (M. Winter et moi) aux éléments GC et H.

C — 0,263 0.285 T — 0,496 A 0,331 H—10,022 F—0,214 o— dit —7,90:

Liquide abondant renfermant des résidus de lait; odeur butyrique, peptones assez abondantes; réaction lactique nette.

TROUBLES DE LA FONCTION ÉVACUATRICE 83 == 0238 0.265 T=—=10/451 A—0,287 H— 0,007 $ F — 0,186 « — 1,08

HE

Liquide assez abondant, incolore après filtration ; résidus de lait très abondants, noirätres; peptones abondantes ; réaction lactique.

Liquide très abondant; riche en résidus alimentaires.

T et C atteignent ici des valeurs rarement observées.

C— 0,058 ous T=0496 A—0,331 H— 0,285 0» F—0153 «0,179

50 cm° de liquide fluide, verdâtre; quelques résidus blanchâtres, non alimentaires; peu de peptones; réaction acétique.

C— 0,105 0.226 T —=0,445 A 0,205 H—= 020% F = 0,219 ax — 0,80 T F 2103

500 cm° de liquide, légèrement verdâtre, un peu muqueux; quelques résidus ne paraissant pas alimen-

taires; peptones en quantité moyenne; pas de réaction des acides gras ‘.

C— 0179 ) os. T—0,452 A—0,233 = 0.058 4 207 F—025 a—0,97 T

Fine

ee

500 cm° de liquide muqueux, renfermant d’abondants résidus de lait.

H=— 0,167 : QERE

65 cm° de liquide bilieux; quelques résidus ne paraissant pas alimentaires ; peptones en quantité moyenne; réaction acétique.

Fermentations. — Les déviations anormales, dites fermentatives, sont tout aussi fréquentes dans les liquides chlorhydriques que dans les chloruriques. Elles peuvent être hyperacides ou hypoacides. Les premières, très communes, ne s'élèvent jamais aussi haut que dans les liquides chloruriques, même en cas de cancer qui est par excellence le terrain propre à ce genre de modification.

Dans les exemples cités, la plus forte valeur d’x est 1,47 (chiffre relativement peu élevé). Le dernier exemple montre une déviation hypoacide notable (a—0,51).

1. C’est le cas cité à propos des caractères des liquides dépourvus de résidus alimentaires visibles, p. He

SE

COMPARAISON ENTRE LE LIQUIDE RÉSIDUEL ET LE LIQUIDE DE DIGESTION, — La constitution chimique du liquide résiduel, une fois connue, doit être rapprochée des données fournies par l’analyse du repas d’épreuve.

Liquide chlorurique. — Le liquide résiduel a fréquemment un type chlorurique dans des cas où, pendant la digestion, on trouve une hyperpepsie plus ou moins accentuée, parfois très prononcée. Cette particularité a une signification nette.

La période active de la digestion, quelque longue qu’elle ait été, a été suivie de repos et le liquide retiré est dû à peu près uniquement au mucus et à la salive (voir courbe de la fig. 26, p. 184).

Le type chlorurique coïncidant avec une hypopepsie intense (voire même du troisième degré) pendant la période digestive peut avoir, au contraire, un caractère pathologique et il l'a sûrement lorsqu'il renferme, ainsi qu’on le voit dans plusieurs des exemples précédemment cités, des résidus alimentaires et du sang plus ou moins altéré.

Type chlorhydrique. — Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce type ne se rencontre pas uniquement chez les hyperpeptiques. Bien que cela soit exceptionnel, il peut se montrer chez des hypopeptiques et même en cas d’hypopepsie du troisième degré (voir courbe de la fig. 37, p. 200).

Les rapports affectés par ce genre de liquide résiduel avec l'intensité plus ou moins grande de la

réaction digestive sont bien représentés sur les graphiques.

Considérez les courbes des figures 30, 31, 32, etc., pages 190 et suiv. .

Notez d'abord le caractère général qui vient d’être signalé page 80. La courbe de F tend à monter et à se

rapprocher de T. Par suite, à est plus petit que pen-

dant la digestion et la somme (C+ H) est inférieure à ce qu'elle est à l’acmé. (Voir entre autres, les courbes des fig. 30 et 32).

Cette règle souffre des exceptions. Celles-ci sont surtout frappantes chez les hypopeptiques.

F tend à monter, comme dans toute digestion achevée, mais T continue à s’accroitre, de sorte que la somme (C + H) peut rester aussi haute que pendant la période digestive et même devenir sensiblement supérieure.

Il peut même se faire que F subisse un abaissement dû à la forte élévation de (C + H) (fig. 37, p. 200).

MARCHE DU PHÉNOMÈNE CONSTITUÉ PAR LA PRÉSENCE DE LIQUIDE RÉSIDUEL; CONDITIONS QUI L'INFLUENCENT. — L'étude des liquides résiduels resterait imparfaite et, par suite, moins fertile en indications diagnostiques, si elle n’était complétée par celle des variations que l’on peut observer dans la présence et dans la constitution de ces liquides dans diverses conditions d'examen.

Nous avons dit qu'il était inutile de suivre le pro-

cédé recommande par Reichmann, c'est-à-dire de faire un grand lavage le soir, suivi d’un examen après le jeûne de la nuit. |

Nous recommandons de renouveler l’examen dans des conditions variables, lorsqu'on a une première fois constaté l’existence de liquide à jeun.

Le phénomène peut être effectivement passager ou durable. Quand il est passager, il est parfois simplement accidentel : il se reproduit de loin en loin dans certaines circonstances.

Chez un de nos malades, livré jusqu'alors à luimême, on trouve lors d’un premier examen, le matin à jeun, un liquide renfermant des débris de choux. Après quelques jours de régime lacté mixte, assez sévère, la même exploration permet de constater l'absence de tout liquide résiduel. Il s’agissait donc d’un fait accidentel, pouvant avoir une certaine importance, mais d’une signification différente de celle qu'on doit attribuer à un trouble permanent. Un autre exemple assez fréquent de présence irrégulière de liquide résiduel, mais d’une durée parfois assez longue, est fourni par le phénomène complexe décrit sous le nom de crise gastrique. Nous aurons bientôt l’occasion d’yrevenir à propos de l'hypersécrétion. Quand la possibilité d'obtenir du liquide résiduel est un phénomène durable, celui-ci peut présenter et présente habituellement, suivant les circonstances, des variations d'intensité et de forme.

Ces variations sont surtout sous la dépendance de deux conditions principales : le mode d'alimentation ; la pratique des lavages.

Envisageons successivement nos deux variétés de liquides résiduels.

Liquides renfermant des résidus alimentaires visibles. — Chez certains malades, à un premier examen, on trouve des résidus abondants. Puis, après l'usage d’un régime sévère, un second examen donne issue à un liquide dépourvu de résidus ou bien même permet de reconnaître la disparition de tout liquide résiduel. Il peut en être de même à la suite d'une série de lavages, le régime n'ayant pas été modifié.

L'influence de l'alimentation est toujours considérable, même dans les cas où le liquide persiste et contient des débris d'aliments.

Toutes ces particularités sont dignes d'attention et peuvent avoir une valeur diagnostique.

Liquides sans débris alimentaires. — Ils peuvent être, au point de vue qui nous occupe, divisés en deux catégories. Les uns disparaissent avec facilité à la suite d’un régime approprié ou à la fin d'une série de lavages. Ce sont notamment les chloruriques et les chlorhydriques peu abondants.

Les autres sont relativement peu influencés par le mode d'alimentation ou par la pratique des lavages. Ils varient souvent de quantité et, dans une certaine mesure, de constitution chimique, d’un moment

à l’autre; mais ils se montrent généralement d’une grande persistance. Ce sont particulièrement les liquides à type hyperpeptique dont l’abondance peut atteindre ou dépasser 100 cm.

Quantité de liquide extrait aux divers temps de la digestion. — Le second renseignement se rapportant à la fonction évacuatrice est donné par la quantité de liquide obtenue au moment des explorations par la sonde. Nos observations se divisent, à cet égard, en trois groupes.

Dans quelques cas peu nombreux, destinés à élucider la question controversée de l’hypersécrétion, nous avons procédé par la méthode de l'examen en série discontinue. Le plus grand nombre de nos études ont été faites à l’aide de la série continue.

Enfin, le plus souvent, nous ne possédons — comme cela a lieu habituellement dans la pratique de la ville — qu'une seule analyse du liquide obtenu à un moment connu de la digestion du repas d’épreuve, accompagnée parfois de l’extraction et de l’analyse du liquide à jeun.

Avant tout, tâchons d'évaluer la quantité de suc stomacal pouvant être extrait dans les conditions les plus normales, aux époques choisies généralement pour les extractions, soit à 30, 60 et 90 minutes.

À l'époque où nous avons étudié chez un sujet sain la digestion du repas d’épreuve, nous n'avons pas

pris soin d’extraire à chaque séance tout le contenu stomacal. Depuis, la difficulté de trouver un estomac fonctionnant normalement nous a empêché de combler cette lacune. Mais en relevant à cet égard nos observations, aujourd'hui très nombreuses, nous pouvons indiquer des moyennes qui doivent se rapporter au type physiologique.

Dès l’arrivée du repas d'épreuve dans l'estomac, le suc gastrique tend à diluer la masse alimentaire; mais — ainsi que nombre de physiologistes l'ont pu constater à l’aide des fistules duodénales — la partie liquide du repas ne fait qu’un très court séjour dans l'estomac.

Il en résulte qu’au bout de 30 minutes, on ne peut extraire de la poche gastrique qu’une quantité de liquide inférieure à celle qui a été ingérée, soit en moyenne — dans les conditions semblant se rapprocher de la normale — 150 cm’.

Cette quantité de liquide va progressivement en diminuant jusqu'au moment où, vers la 100° ou la 420° minute, la sonde ne peut plus rien ramener au dehors. Nous trouvons pour la moyenne de Q à 60 minutes environ 400 em* et seulement 40 cm° à 90 minutes.

Nos examens en série discontinue sont trop peu

1. Ces chiffres concordent avec les appréciations de M. Winter. (De la concentration du suc gastrique, Bull. de la Soc. philomatique de Paris, 1906.)

nombreux pour nous permettre d'en tirer parti.

Rappelons, cependant, que chez un malade dont nous avons, il y a longtemps, publié la courbe évolutive, on retirait à 60 minutes plus de liquide qu'à 30 minutes, particularité ayant une signification spéciale.

Les examens faits en série continue, auxquels nous recourons couramment, ne donnent pas de renseignements précis sur la quantité de suc renfermée dans l'estomac aux divers moments de la digestion, les extractions devant être parcellaires. Le but de ce mode d'examen est de fournir la mesure de la durée de l’évacuation stomacale et nous allons avoir à nous servir des résultats qu'on en obtient pour décrire les divers modes d'évacuation.

Quand on se contente d’une seule extraction, on doit — avons-nous dit — retirer autant que possible tout le liquide stomacal.

On possède alors soit une seule analyse lorsqu'il n’y a pas de liquide à jeun, soit deux analyses lorsqu'on a pu retirer assez de liquide résiduel.

Dans la pratique, on a le tort de négliger la recherche du liquide à jeun, il est important de savoir qu’on en trouve très fréquemment dans des cas où rien n’en fait soupçonner l'existence.

VARIATIONS DE LA QUANTITÉ DU SUC STOMACAL EXTRAIT A LA 60° MINUTE, — La quantité de liquide susceptible d’être extraite à 60 minutes après l’inges-

tion du repas d'épreuve est extrêmement variable. Pour ne pas compliquer l'exposé de cette question nous admettrons seulement les trois divisions suivantes : Q nul ou faible; Q de valeur moyenne; Q exagéré.

Q nul ou faible. — Le nombre des cas où l’estomac est vide à la 60° minute est relativement très élevé. Inutile de répéter ici qu'il faut éviter certaines erreurs et s'assurer qu'il y a bien vacuité stomacale.

Nous recommandons de faire, lorsqu'il y a des doutes, une insufflation de l’estomac de manière à déterminer la situation, la forme et les dimensions de l’organe. On reconnaît parfois ainsi un état d’incontinence du pylore, une petitesse anormale de l'organe, une forme biloculée.

Presque toujours, en faisant faire un repas d’épreuve, qu'on extrait à 30 minutes, on peut obtenir du liquide stomacal. Il est rare que cette seconde exploration soit négative comme la première. Cependant on rencontre des estomacs dont on ne peut rien retirer à partir de la 20° ou de la 30° minute. Ces cas sont exceptionnels; mais assez fréquemment on n’extrait à 30 minutes qu'une quantité insignifiante de suc stomacal, soit de 5 à 15 cm.

Dans d’autres cas, au contraire, on en trouve 30, 40, et plus, jusqu'à 100 et 120, exceptionnellement plus encore.

Les cas où Q est simplement faible (au-dessous de 100) sont extrêmement communs, et disons immédia-

tement que, dans certains cas où l’on ne peut extraire à 60 minutes qu’une quantité minime de liquide (parfois moins de 40 cm’), on peut néanmoins trouver une certaine proportion de liquide résiduel.

Nous aurons donc parfois, dès cette catégorie de faits, deux cartons d'analyse.

Les chiffres que nous trouvons dans nos observations varient de 2 à 5 cm° jusqu’à 100. Dans le plus grand nombre des cas on obtient de 25 à 50 cm.

Lorsqu'il y a du liquide résiduel, il s’agit seulement de quelques centimètres cubes.

On peut considérer Q comme de valeur moyenne lorsqu'on obtient à 60 minutes de 100 à 200 emi. Tantôt on trouvera du liquide à jeun; tantôt, et le plus souvent, il n’en existera pas.

Les fortes valeurs de Q s’élèvent de 200 à 400 cm. Dans un cas qui sera cité bientôt on a pu retirer, à 60 minutes, 510 cm de suc stomacal; mais dans les faits de ce genre, il existe toujours une assez forte proportion de liquide à jeun, et il est possible que l'estomac ne soit pas toujours complètement vidé avant l'ingestion du repas d’épreuve.

Le plus fort chiffre noté dans un cas où il n'y avait pas de liquide à jeun est de 393 em.

RAPPORTS DE Q AVEC LES TYPES CHIMIQUES DE DIGESTION. — Il n'existe aucun rapport constant entre la quantité de suc susceptible d’être extrait à un moment donné de la digestion et la forme prise par la réaction. Ainsi

avec Q faible on peut rencontrer aussi bien de l'hyperpepsie d'une forme quelconque qu'un degré plus ou moins notable d'hypopepsie."

Cependant, lorsqu'il y a vacuité de l'estomac à 60 minutes, le liquide retiré de 30 à 40 est presque toujours hypopeptique. Q faible à 60 minutes se rencontre plus souvent avec certains types qu'avec d’autres, notamment avec l’hypopepsie intense et, contrairement à ce qu’on pourrait croire d’après l'emploi fréquent, par certains auteurs, des termes hypersécrétion et hyperchlorhydrie comme synonymes, avec l'hyperchlorhydrie.

Tous ces détails relatifs à Q peuvent paraître oiseux. Qu'on ne s’y trompe pas, ils ont un intérêt notable qui bientôt va devenir évident et, s'ils avaient été connus, on aurait évité l'introduction dans les traités spéciaux d’erreurs manifestes touchant les troubles moteurs et sécréteurs.

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