CLASSE : ÉVACUATION LENTE
Le ralentissement de l'évacuation de l'estomac est le trouble le plus souvent noté chez les malades qui se plaignent de leurs digestions.
Cela ne prouve pas qu’il soit de beaucoup le plus fréquent des troubles gastriques. Quand, en effet, on examine comment s’opère la fonction stomacale chez les individus atteints des affections chroniques les plus diverses, on trouve avec une grande fréquence une évacuation hâtive de l’estomac.
Depuis l'évacuation stomacale ralentie, dépassant à peine la durée normale, jusqu'à l'évacuation à ce point retardée qu'elle a une durée pour ainsi dire indéfinie, on trouve tous les intermédiaires.
Les modifications relatives à la durée se combinent avec diverses fluctuations des valeurs dosées, de sorte que de nombreuses combinaisons sont possibles.
Nous distinguerons d’abord deux sous-classes de faits suivant que l'évacuation gastrique a lieu dans un temps long, mais limité ou dans un temps d’une durée pour ainsi dire indéfinie.
l' SOUS-CLASSE. ÉVACUATION D'UNE DURÉE LIMITÉE
Nous plaçons ici les évacuations stomacales plus ou moins tardives, mais non suffisamment prolongées
pour que l’estomac renferme une certaine proportion de liquide résiduel le matin à jeun. Certes, dans quelques-uns de ces cas on peut trouver une petite quantité de liquide stomacal après le jeûne de la nuit, mais ce liquide — dont la présence est le plus souvent fortuite — n'est qu’un mélange de salive et de mucus dénué d’acidité.
Les faits appartenant à cette catégorie sont assez nombreux et présentent les deux variétés d'évacuation que nous connaissons.
A. Évolution harmonique. — La digestion et l’évacuation marchent parallèlement, mais d’une manière lente, du commencement à la fin de la fonction stomacale. (Ce type est celui qui m'a servi à constituer la dilatation par trouble évolutif, c'est-à-dire par prolongation de la digestion).
Le schéma représenté figure 24 donne une idée très exacte de ce genre de trouble dans un cas de réaction assez intense. Il est rendu intéressant par l'addition de la courbe V. c. n’existant pas dans nos tracés plus anciens (Voir p. suiv.).
La courbe de ÿ atteint son plus haut point à
90 minutes, après avoir présenté de 60 à 90 minutes, une sorte de plateau qu'on retrouve dans nombre de cas analogues.
V. c. s'élève, à 60 minutes, à 0,052, descend, à 90 minutes, à 0,042, et subit pendant ce temps une
HAyEM. — Digestion stomacale. 11
LS
Nils
Fig. 24.
. décroissance moins marquée que de 30 à 60 minutes ce qui constitue aussi une sorte de plateau.
ÿ HMilgr
60oo
Fo0
£oo
Fig. 95.
Il ÿ a donc concordance entre les indications
fournies par ces deux valeurs et, d’une manière
Zoo
LS
ls N
© E Morrzu, GR
générale, harmonie entre les deux fonctions de l'estomac.
Le schéma plus ancien (1895), représenté figure 25, quoique rendu incomplet en raison de l'absence de la courbe V. c:, nous paraît digne aussi d'être publié
comme répondant à des faits qui se rencontrent assez fréquemment dans la pratique courante.
La réaction intrastomacale est déjà intense à la
T ; à 32° minute et la courbe de (5) présente également
un plateau à l’acmé de la digestion.
Le schéma représenté figure 26 correspond à l'étude la plus complète que j'aie faite; mais à une époque déjà ancienne (1894), de sorte qu'il y manque également la courbe de V. c. Je n'hésite pas à classer ce cas dans les évacuations lentes de durée limitée, bien que l’on ait pu retirer le matin à jeun un peu de liquide chlorurique.
La régularité dans la marche des valeurs dosées y est tout à fait remarquable.
Il y a, cependant, une tendance à la prolongation de l'évacuation, constituant déjà une ébauche de désharmonie entre le cycle évacuateur et le cycle digestif dont l’accentuation va nous frapper dans les faits du groupe suivant.
B. Évolution désharmonique. — La désharmonie est, effectivement, constituée par la lenteur de l'évacuation dans des cas où le cycle digestif est achevé ou touche à sa fin.
Les exemples que nous en donnons quoique anciens et, par suite, dépourvus de la courbe de V. c., n’en sont pas moins démonstratifs.
Ainsi qu’on peut le voir dans les schémas des
186 ÉVOLUTIONS DE LA DIGESTION STOMACALE figures 27, 28, 29, l’acmé de la réaction intrastoma. Hilligr Goo Soo £oo
zoo
Fig. 27. Fig. 28.
cale a lieu dans le voisinage de la 60° minute (elle
peut être plus précoce), puis survient une décroissance lente, précédée parfois d’une sorte de plateau. Dans le premier exemple (fig. 27) la réaction stoma- Higr oo