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CONCLUSION

Paracelse prétendait à l’homuncule. Quelques uns de ses successeurs, plus modestes, se sont contentés de s’essayer à la greffe animale, à la transplantation des organes . L’histoire de l’invalide à la tête de bois semble moins fantastique.

On débuta par la greffe dermique. Aujourd’hui, découper un morceau d’épiderme sur une personne saine ou une jambe fraîchement amputée, et l’appliquer sur une plaie est un jeu d’enfant qui nelaisse même pas trace de cicatrice.

Le Professeur Lagrange (de Bordeaux), ayant éuucléé un œil malade, le remplaça par un œil de lapin vivant.

Bientôt, on enraya la thrombose, on souda des vaisseaux bout à bout. Le Docteur Garrel accomplit merveilles sur merveilles : un chien sur lequel il pratiqua une suture de l’artère carotide et de la veine jugulaire externevécut plusieurs années ;

Puis, ce fut la transplantation d’une artère d’un animal sur une artère d’un animal d’autre espèce ;

Ensuite, un segment de carotide prélevé sur un chien vingt-cinq minutes après sa mort et conservé en un tube de solution de Locke dans une glacière

pendant dix jours fut transporté sur un chien vivant ;

Un segment d artère poplitée pris vingt-quatre heures après l’opération sur la jambe amputée d’un jeune homme et conservé vingt-quatre jours fut greffé avec succès sur l’aorte abdominale d’une petite chienne ;

Deux chiens échangèrent leurs rates ;

Deux autres leurs reins et leurs vaisseaux, avec la partie correspondante de l’aorte et de la veine cave, leurs nerfs et leurs ganglions nerveux, les urètres et la partie correspondante de la vessie;

Deux autres s’empruntèrent mutuellement les parties anatomiques que nourrit la carotide externe, soit l’oreille externe avec ses glandes, etc. ;

Deux fox changèrent de pattes.

N’est-ce pas la chirurgie — panacée universelle ? ... L’on ne peut s’empêcher de sourire en lisant les traités de physique composés le siècle dernier. Le siècle dernier ? Lisez ceux qui furent composés il y a dix ans seulement, il y a cinq ans ! Les lois que l’homme croit pouvoir établir varient tous les mois 1 Il faudrait mettre les traités au courant comme l’Indicateur des chemins de fer !

Nous avons une manie: imiter l’animal.

Qu’il s’agisse d’aéroplanes ou d’aviettes, l’on calcule l’envergure et le poids de l’oiseau ; qu’il s’agisse de sous-marins l’on examine l'anatomie du poisson.

Que ces animaux soient morts ou vivants peu importe à nos mécaniciens : ils s’en remettent à la balance.

Or, l’énergie en action défie nos lois !

Pour ne point compliquer n’abordons ici que les forces discutables, laissant de côté celles qui, faute de témoins, ne méritent pas la discussion ; parmi ces dernières : lévitation d’objets ou de personnes, apports, dématérialisation et rematérialisation, extériorisation de la motocité. Plusieurs de ces phénomènes ont été, paraît-il, observés par des témoins qui, comme le Dr Richet, de l’Académie de Médecine, et Camille Flammarion, l’illustre astronome, suffiraient à en établir l’authenticité n’étaient les restrictions dont ils ont parsemé leur description . J’ajouterai qu'il ne me semble pas extraordinaire que des sensitifs attribuent un poids plus élevé à un ressort tendu, à un mouvement de pendule remonté qu’à un ressort détendu, à un mouvement inerte : un homme qui se raidit semble peser davantage.

Voici des faits :

Qu’un homme s’étende les épaules sur une chaise, les jambes sur une autre, le ventre en l’air ; que quatre autres se placent deux à sa droite, deux à sa gauche, un index sous une épaule ou sous un pied ; qu’à un commandement les cinq aspirent ensemble : ceux-ci soulèveront celui-là comme une plume.

Un homme, dans un moment de colère, de peur, soulève, déplace un poids que deux, trois athlètes ne sauraient déplacer, soulever. C’est un effort « surhumain ».

Qu’est-ce qu’un a oiseau planeur » ? Un oiseau

qui demeure à l.a même place de l'espace, les ailes étendues et parfaitement immobiles, par le temps le plus calme.

Un aigle se laisse tomber d’une hauteur vertigineuse vers sa proie, et, au lieu de se briser contre elle, arrête net sa chute.

La puissance de la pince de l’écrevisse et du homard n’est justifiée par aucun muscle rationnel.

M. Stéphane Leduc nous fait entrevoir les forces rectrices de la forme .

La puissance de l’explosif est incompréhensible : Un fulminate d'or ou d’argent « taquiné » trop brusquement devient explosif ; après l’explosion on ne retrouve aucune trace des éléments composant la matière d’or ou d’argent : tout est devenu volatil, pas de résidu, pas de fixe.

Le fulminate d’or (pondérable, fixe) comporte du calorique à un état de condensation physique qui, sous l’effort d’un mouvement brusque, libère cette chaleur et volatilise les éléments constitutifs de 1 or. Mettons dans une cuiller de fer un peu de fulminate d’or et exposons le tout à un foyer : quand la température détermine le départ de la chaleur constitutive du fulminate, une explosion a lieu, la cuiller est percée. L’explosion a eu lieu verticalement de haut en bas, le volatil est tombé par terre. — Quant au fulminate d’argent, il explose latéralement.

Et la foudre !

v* ... Le 22 juillet 1868, vers sept heures du soir, ù Gien-sur-Cure (Nièvre), le tonnerre grondait avec

violence déjà depuis quelque temps, quand tout à coup la foudre éclate sur une maison couverte de paille et y met le feu; au même moment, une femme qui se trouvait dans une maison voisine située à dix mètres sent une commotion, voit le carrelage se soulever sous elle; ses deux sabots sont brisés à ses pieds et une bouteille d’eau bénite destinée à faire des aspersions dans la maison est brisée dans sa main ; il ne lui reste que le goulot entre les doigts; elle-même, à part cette commotion, n’éprouve rien.

« Quant aux carreaux, au nombre de dix-neuf, ils ont été lancés dans toutes les directions.

« Le dernier dimanche de juin 1867, pendant les vêpres, la foudre est tombée sur l’église de Dancé, canton de Saint-Germain-Laval (Loire). Au bruit de l’explosion a succédé un silence de mort, puis un cri se fait entendre et cent autres sont poussés.

« Le curé qui croyait avoir reçu à lui seul toute la décharge électrique, ne sentant pourtant aucune douleur, quitta sa place où l’enveloppait un nuage de poussière et de fumée, et, de la table de communion, il parla à ses paroissiens pour les rassurer : « Ce n’est rien, dit-il, gardez vos places, il n’y a point de mal ».

« Il se trompait ; vingt-cinq ou trente personnes étaient plus ou moins atteintes ; quatre furent emportées sans connaissance ; le plus maltraité de tous était le trésorier de la fabrique : en le relevant on vit ses yeux ouverts mais ternes et voilés; il ne donnait plus signede vie. Les vêtements étaient brûlés ;

les souliers lacérés, pleins de sang, lui avaient , été enlevés des pieds.

«L’ostensoir exposé dans la niche avait été jeté à terre : il était bossué, percé à la base, et l'hostie avaitdisparu. Le prêtre la chercha longtemps, il finit par la trouver sur l’autel, au milieu du corporal, sous une couche épaisse de gravois.

« Trois ou quatre mètres de la boiserie du chœur avaient volé en éclats. Au dehors, la flèche du clocher a été dénudée , l’on ramassa ses ardoises dans les champs voisins ».

... N’avions-nous pas raison de dire en commençant que l’homme ne cherche qu’à égaler Dieu ?

Toutefois, que l’on ne s’étonne pas trop à la pensée qu’aujourd’hui nous ne vivons pas plus longtemps ni mieux portants qu’autrefois : c'est qu’en même temps que nous découvrons les remèdes de certaines maladies, nous découvrons d’autres maladies, nous les créons — quandnousne les changeons pas seulement de nom.

Nous avons horriblement compliqué la Médecine et la Chirurgie, nous les avons divisées en quantité de sciences, nous avons fabriqué collection d’ins~ truments, composé d’innombrables formules. Sommes-nous plus avancés ?

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