‹ Les excentriquesChapitre 2 sur 18 · LA CROYANCE · texte numérisé non relu

LA CROYANCE

Ëtait-il rusé? était-il naïf?

Quand Jean- Jacques Rousseau s'habillait en Arménien dans les rues de Paris et qu'il était regardé autant que nous avons regardé Carnevale, n'était-ce pas là le procédé vulgaire du marchand de crayons, l'envie de faire parler de soi, et l'orgueil en plus?

Mais les véritables excentriques s'ignorent; ils ne se savent pas excentriques> et surtout ne le disent pas ; ils se croient dans le positivisme, dans la raison, dans la coutume, et s'étonnent d'être regardés.

Il a fallu plus de courage qu'on ne croit pour faire poser ces modèles, bohèmes véritables, à l'esprit difficile et chagrin, souvent mystérieux comme des sphinx, et toujours indéchiffrables comme l'obélisque.

Quelques-uns sont compromettants et indiscrets; vous leur parlez une fois, vous les connaissez pour toujours. N'importe en quelle société ils vous trouvent, ils s'attachent à vous et ne vous quittent plus ; mais ceuxlà sont heureusement l'exception. On rencontre dans la vie parisienne d'effrontés cyniques qui avouent crûment leurs passions et leurs vices. Ils ont le bon côté de servir de sujets.

Ils se déshabillent sans se faire prier, vous avez l'homme nu. Ils enlèvent complaisamrnent 1'épiderme, vous avez l'écorché. Ils font bon marché de leur chair, de leur sang, de leurs veines, vous avez le squelette.

Quand on a bien vu ces drôles qui semblent des pièces artificielles d'anatomie artistement construites, ils remettent leurs veines, leur sang, leur chair, leur épiderme, leurs habits. Ils sont charmants. On les quitte, la tête pleine de notes précieuses, on les rencontre dans la rue, et ©n ne les salue pas.

Ils sont remplis de discrétions et de sens; si vous avez oublié un détail, vous retournez chez le sujet qui recommence sa leçon d'anatomie avec la même complaisance ; peut-être cette complaisance vient-elle de ce que le cynique sait que l'étude n'est pas perdue et qu'elle profitera à la science.

Tout le neveu de Rameau est là-dedans. Diderot n'eût pas fait son plus beau livre, si Rameau jeune ne s'était complu dans un déshabillement perpétuel devant le grand philosophe. Combien de neveux de Rameau marchent aujourd'hui sur les trottoirs? Et que manque-t-il à ces génies ignorés? Un homme de génie qui sache sténographier.

Je retrouve dans mes notes, si vous êtes curieux de connaître mes procédés, la premier état d'un portrait d'excentrique qui n'a pu être terminé par la malveillance de celui qui posait, par ses soupçons et par sa disparition.

C'était un homme qui tous les jours se promenait sur

le Pont-Neuf, gros et gras, avec une belle figure pleine,

des yeux illuminés, un peu de ventre, de longs cheveux ramenés derrière les oreilles, et dont les boucles avaient fini par graisser outrageusement le col de la redingote.

Cette belle tête bien construite, et dont les yeux fiers et noirs refoulaient les regards indiscrets des passants du Pont-Neuf, était couverte d'un chapeau que rien, excepté votre crayon, ne saurait rendre. Un auteur dramatique dirait aux comiques les plus baroques de la Montansier : « Vous fêtez faire un chapeau de soie vieux, abîmé et désolé, plus abîmé, plus vieux et plus désolé que tous ceux que vous avez portés jusqu'ici dans vos farces, » les comiques échoueraient.

Je me laboure la tête, je grimace, je me donne beaucoup de mal pour rendre le chapeau; je rature, je sens que je n'arriverai jamais; en ce moment je m'aperçois de l'impossibilité de la description dont nos maîtres ont cependant donné depuis vingt ans des modèles de génie.

Vous avez dû sourire souvent de la peine que se donne le romancier à vouloir dessiner une physionomie avec la prose, vous qui, en quelques libres crayons, donnez la vie pour toujours à des êtres que les historiens futurs consulteront avec joie, pour se rendre compte de l'extérieur bourgeois de notre siècle.

Pour rendre ce chapeau impossible, je ne peux que me servir d'un équivalent :

« Il n'y a qu'une couple d'années, une vieille femme habitait encore une des chambres du château ruiné de Fregeinstein. Un soir, elle vit tout à fait inopinément dans cette cham-

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bre un homme qui portait une robe grise, un grandi chapeau crasseux et une longue barbe, li pendit son chapeau à un clou, s'assit à table, sans s'inquiéter de personne, tira de son sac une petite pipe, du tabac, et fuma. Cet homme gris demeurait toujours ainsi derrière la table. La vieille femme ne put pas attendre qu'il lui plût de s'en aller ; elle se mit au lit. Le matin, le spectre avait disparu . — Le fils de Schulz a raconté ce qui suit : «Le matin du jour de Noël, pendant qu'on célébrait l'office divin, à l'église, ma grand'mère était assise dans notre chambre et priait. Au moment ou elle détournait les yeux de son livre, et où justement elle regardait vers le jardin du château, elle vit tout à coup un homme en robe grise et en chapeau crasseux. Il était debout et piochait de temps en temps. Nous-mêmes nous l'avons vu, ainsi que tous les voisins. Après le coucher du soleil il disparut, »

Ceci est une légende allemande, courte, précise, sérieuse, ne discutant pas les faits, traitée en procèsverbal, et qui vaut un dessin, n'est-il pas vrai?

On pouvait appeler l'inconnu Ftiomme au chapeau crasseux. -

Mais sous ce mauvais chapeau se tenait une grosse figure de moine à double menton, originale et pleine de santé. Rarement les excentriques ont de ces figures monacales et d'une bonne graisse, étant habitués à se nourrir à la cuisine de l'occasion. A diverses reprises je rencontrai mon homme se promenant sur le Pont-Neuf, les mains derrière le dos, l'œil droit devant lui ; avec son ventre et sa redingote, il ressemblait un peu à une petite statue que le moulage a répandue partout, Fauteur de Faust en houppelande.

C'était un Goethe mélangé de Chodruc-Duclos.

Il y en a qui sauteraient tout de suite au-devant de

l'homme, qui l'interrogeraient, qui lui demanderaient des détails sur sa vie. C'est le moyen de ne rien savoir. Tel est le procédé des journalistes : aussitôt vu, aussitôt conçu, aussitôt imprimé. Moi, je comprends pourquoi les chats ne tuent pas brutalement les souris qu'ils attrapent ; ils s'en font une fête, ils se donnent une fantaisie.

Ainsi je laissais promener mon homme, certain qu'il ne m'échapperait pas, me contentant de l'épier et de surprendre sa vie dans ses mouvements, dans ses habits et dans sa mauvaise cravate blanche roulée en ficelle autour de son cou; je l'étudiais par derrière en attendant de pouvoir l'étudier par devant. S'il s'était retourné, il aurait vu deux ombres.

Il est important pour de semblables observations de savoir si l'homme conserve toujours son même costume, s'il tient les mêmes gestes, s'il fréquente les mêmes endroits. Dès que la manie est accusée, vous êtes certain de ne pas perdre de vue votre sujet.

A cette -époque nous prenions nos repas dans un petit divan, au fond d'un café dont les joueurs de dominos ne s'approchaient qu'en tremblant, car de là mille imprécations s'étaient envolées, les théories les plus audacieuses, littéraires, quelquefois politiques malheureusement, y étaient traitées militairement; tout y était discuté, hommes et choses, avec une cruauté et un enthousiasme de vingt-cinq ans.

Le hasard qui avait réuni des peintres, des poètes, des philosophes, des savants, des inutiles, des douteurs et des imbéciles, nous sépara. Ce qu'on appelle l'esprit

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était mal vu et laissé à des endroits plus orgueilleux; au contraire régnait la brutalité qui ne laissait pas la plus petite place au mensonge.

Dans cet endroit était passé déjà plus d'un homme étrange qui ne pouvait résister à un pareil jury.

Il était presque impossible qu'un excentrique ne trouvât pas au moins un pair dans notre bande, fût-il musicien, chimiste, poëte, romancier, mathématicien ou philosophe. Et ce n'étaient pas des experts officiels qu'il rencontrait : des monsieur Prudhomme, des médecins de cour d'assises, des académiciens, des pédagogues, de ces gens qui aiment la convention, la bonne tenue, les compliments, les belles manières et une conversation flûtée.

Tous nous avions cherché, et nous attendions tous les jours un nouveau frère.

Un jour je rencontrai dans le café, assis devant une table de marbre, l'homme au chapeau crasseux. Il prenait du café, regardait fixement la dame de comptoir qui était belle, joignait les mains, et murmurait assez haut des paroles incompréhensibles. Les vieux habitués étaient scandalisés du bruit qui les empêchait de lire leurs journaux en paix; le maître de l'établissement dépêcha un garçon pour prier l'homme de prendre son calé tranquillement. Il regarda le garçon avec colère, et promena sur les paisibles habitués des regards qui les firent se pelotonner derrière leurs gazettes, Quand nous eûmes assez regardé cette comédie, l'un de nous, le plus aventureux, alla inviter poliment l'homme au chapeau crasseux de monter au premier étage où il trouverait à

boire et des amis; là il était assuré de parler à sa fantaisie sans être troublé par d'insolents garçons. Il regarda longuement l'inviteur, ne parut pas comprendre d'abord, et finit par grimper en murmurant l'étroit escalier en colimaçon qui conduisait à notre divan.

C'est l'interrogatoire, et autant que possible, la pantomime des acteurs que j'ai pu noter pendant la séance, car l'homme au chapeau crasseux était trop occupé pour me voir écrire ; d'ailleurs il me parut homme à ne pas s'en inquiéter.

Il resta longuement à fixer quelque chose que nous ne voyions point; nous le regardions, et il ne nous regardait pas. Au bout d'un quart d'heure :

— A quoi pensez-vous? dit W

Il ne répondit pas.

W continua.

— Vous ne pensez à rien?

Il devait se passer des orages dans l'esprit de l'homme au chapeau crasseux, car il faisait entendre des onomatopées singulières que rien ne saurait rendre.

— Vous ne pensez à rien du tout? reprit W

— Je cherche le bonheur, dit enfin le cynique... le plaisir de voir tous les hommes qui sont vrais..* Moi, je vous aime tous, pauvres petits garçonnettes... Mes chers enfants, je vous aime tous.

Il en resta là et ne voulut répondre à un nouvel interrogatoire que pour crier: « A boire!» Il désira spécialement du vin. Il but. W,.... le soupçonnait atteint de philosophie et le poussait dans cette voie ; mais qu'il était difficile d'obtenir même des mots sans suite! Ce-

pendant, après avoir balancé la tète, avoir chanté, avoir crié : «Vive la liberté!... à bas les entraves!... jamais... vive la lihertaf » il s'écria :

— Je suis la vérité!

— Moi aussi, dit W

— Es-tu vrai ? demanda le cynique.

— Oui.

— Tant mieux, dit l'homme au chapeau crasseux, à ta santé !

W l'entraînait toujours dans les sentiers de la

philosophie, et Fauire haussait les épaules sans répondre, ou bien il disait :

— Vois-tu, mon petit garçonnette, tu n'es pas plus haut que ça. » ïl levait la main d'un demi-pied de la table de marjbre, et se plaisait à montrer son mépris pour la philosophie de notre ami. Enfin, pressé de questions :

— Regarde-moi bien! s'écria-t-il, W..... le fixa.

— Plus près, dit le cynique en se mettant les coudes sur la table.

Le philosophe, chargé de l'instruction, imita ce mouvement; les quatre coudes se touchèrent, et les yeux plongeaient les uns dans les autres. Pendant dix minutes ils se regardèrent ainsi sans bouger, sans faire un mouvement. Quelquefois l'homme grondait en dedans, mais il ne baissait pas les sourcils; je crus qu'il voulait magnétiser W Nous attendions quelque confidence de ces confidences oculaires, mais il n'en fut rien.

Le cynique en revenait toujours à son thème favori de la vérité.

Tous deux s'étant reposés, car cette tension de l'œil était très-fatigante, ils recommencèrent l'expérience, qui dura près d'une demi-heure sans amener de résultat, et qui se termina par ce mot de l'homme au chapeau crasseux :

— Nous avons besoin de satisfaction, tous nous avons besoin de satisfaction.

Et il mettait toujours en doute la science de W ,

qui s'offrait comme disciple en philosophie.

— Ah ! dit-il, pauvre raspaillousse, toi étudier la philosophie ! tu veux donc beaucoup maigrir.

Il fut impossible d'en tirer d'autres renseignements, sinon qu'il était du Rouergue et qu'il s'appelait Ginestès, philosophe des écoles. Là-dessus il sortit plein de fierté.

Je ne l'ai plus jamais rencontré depuis cette séance du 5 mars 1840.

C'est dans cette circonstance qu'un dessin eût été utile; je désespère d'avoir rendu la figure de cet être singulier, qui ne valait pas une biographie, mais un portrait.

Bien d'autres excentriques sont venus dans cet endroit; mais nous les avions mâtés, nous en étions maîtres, nous en avions fait des machines de guerre. J'entends quelquefois dire des excentriques qu'ils sont ennuyeux ou tenaces; le tout est de savoir les prendre. Au début, nous leur laissions expliquer leurs systèmes, leurs théories, avec toute l'indulgence possible ; nous étions de complaisants auditeurs; mais une fois le sys-

tème connu, discuté et jugé, il n'était plus permis à l'excentrique d'y revenir. Leur vie, d'ailleurs, est si accidentée, si remplie d'imprévu, qu'elle vaut à entendre le meilleur roman comique.

(Jn, entre autres, avait fait souscrire un grand poète à une petite rente dont les premiers termes furent payés avec quelque exactitude; puis ce furent des à-comptes, des retards, enfin rien. Il se passa ainsi un an. Notre homme venait d'inventer une nouvelle souscription et il retourna chez le poëte qui le reçut à merveille. — Comment donc ! je vais signer, et ma femme, et mon fils aussi. Mais, dit le poete^ qui était un célèbre bohème, nous n'avons pas un sou à la maison. Je négocie dans ce moment un emprunt f v une de mes pièces qui se joue dans huit jours et qui me rapportera au moins vingt mille francs. Repassez donc tel jour, et je vous paierai les trois souscriptions.

Au jour indiqué, on pense si l'excentrique fut exact; mais l'emprunt n'était pas négocié, les répétitions de la pièce traînaient, et avaient empêché l'affaire de se conclure. Nouveau rendez-vous pris et donné. A l'heure dite, l'auteur dramatique, qui descendait l'escalier, rencontre son homme qui montait. — Mon cher, dit-il, votre affaire est prête; montez, ma femme vous attend; moi, je suis pressé : je cours à ma répétition. L'autre monte, plein de confiance, sonne, resonne; la porte ne s'ouvre pas. Il comprend qu'il a été joué. Mais le domestique du poëte remontait chercher quelque chose que son maître avait oublié. — Je ne lâche pas le domestique, pensa l'excentrique qui ne dit rien de ce qui venait de se pas-

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ser. Le domestique retourne au théâtre; l'autre entre avec lui. On allait commencer la répétition. L'auteur dramatique causait dans la coulisse avec une actrice : il aperçoit tout d'un coup son homme à la rente qui Ta vu également. Le poëte espère se sauver dans l'obscurité : mais il avait affaire à un être aussi clairvoyant qu'un recors, qui l'aperçoit grimpé en haut d'un portant de coulisses. Le poëte était toufhonteux d'avoir joué un pareil tour à un brave homme : il n'osait plus descendre. — Venez demain à onze heures précises, lui dit-il. — Non ! dit l'autre, vous m'avez trompé! je veux mon argent.

Les garçons de théâtre allaient mettre à la porte celui qu'ils regardaient comme un impudent créancier : — Mon cher directeur, dit l'auteur dramatique, ayez donc la complaisance de donner un louis à mon ami. Tu ne manqueras pas de venir demain.

— Est-ce bien sûr? dit l'excentrique.

— Très-certain.

— Si vous n'étiez pas sûr, il vaudrait mieux me remettre à une huitaine.

— Vous avez raison, mon ami, dit le poëte, dans une huitaine. Adieu.

Ils se donnent des poignées de main, heureux tous deux d'être débarrassés l'un de l'autre. A huit jours de là, l'homme à la rente sonnait à la porte de son ami.

— Monsieur est à table avec du monde, dit le domestique ; si vous voulez entrer dans cette chambre, je vais le prévenir.

L'excentrique attend quelques minutes, et entend un

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bruit singulier qu'il imitait d une façon très-comique en le racontant. C'étaient des portes qui se fermaient, des bruits de pas pressés. Inquiet, il ouvre la porte, court au salon, personne; à la salle à manger, personne; les serviettes étaient dépliées, la viande encore chaude dans les assiettes, les chaises en désordre. Plus de doute, c'est une fuite. Il court à Fescalier, se penche en dehors de la rampe et aperçoit déjà sur le palier d'en bas Fauteur dramatique qui se sauvait, et sa femme, et son fils, et le domestique.

Telle est la vie de ces pauvres excentriques, qui ne gardent pas rancune de pareils tours, et qui sont meilleurs qu'on ne le croit.

La femme ne joue pas un grand rôle dans leur existence ; c'est ce qui enlève un grand charme à leur biographie ; cherchant des problèmes sans fin, ils ont l'instinct de ne pas se marier. La famille ne vit pas de recherches et ne croit pas à l'absolu. Aussi trouverait-on des drames remplis de larmes dans la vie exceptionnelle des excentriques qui ont pris femme ; c'est la lutte du pot-au-feu et de l'avenir. Et quand il faut s'occuper d'aujourd'hui, le chercheur pense que demain est éloigné d'autant, et que chaque concession au pot-au-feu retarde de longtemps ses plans de réalisation.

Quelques types de poètes auraient dû figurer dans ma galerie. Les poètes ne vivent pas selon les lois de la société : ils marchent dans la vie les pieds en l'air, la tête en bas ; gros de manies et de caprices, ils sont l'effroi des gens rangés qui ont construit leur existence suivant les lois de l'arithmétique; mais les poètes reçoivent déjà

assez de coups de pied des ânes qui les entourent, sans les exposer publiquement en compagnie des presque fous, aux risées d'une foule ignorante.

Neuilly, juin 4851.

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