LE TIR
exécutés par les adeptes de ce genre de sport. Parmi les plus habiles tireurs de notre époque, on doit citer M. de Varaigne, qui, à vingt-cinq pas, a fréquemment fait vingt-cinq mouches avec vingt-cinq balles ; le comte d'Houdetot, le peintre Rousseau, le baron de Renty, le publiciste Emile de Girardin, le comte Branicki, M. Deschères. Les dames elles-mêmes ne dédaignent pas le tir au pistolet, et quelques-unes d'entre elles y ont atteint un rare degré de perfection.
Parmi les tireurs de profession, le plus remarquable que Ton ait vu à Paris est un Américain, nommé Ira Payne, qui, il y a quelques années, se produisit dans un théâtre et exécuta des tours d'adresse qui exigeaient une précision étonnante. C'est ainsi qu'il cassait une noisette sur la tête de sa femme, éteignait un cigare allumé placé entre ses lèvres et coupait en deux une carte qu'elle tenait à la main et lui présentait par le fil.
II. Le tir à la carabine. — Les carabines paraissent avoir été inventées dans la seconde moitié du quinzième siècle, et tout porte à croire que ce fut en Allemagne . Les premières armes de ce genre dont on ait conservé le souvenir parurent à un tir à la cible qui eut lieu à Leipzig, en 1499 ; elles avaient été fabriquées par Gaspard Kollner, arquebusier viennois. L'innovation des rayures en spirale est attribuée à un arquebusier de Nuremberg, appelé Auguste Kotter, mort en 1520.
Les plus anciennes carabines qui soient arrivées jusqu'à nous sont des arquebuses à rouet de provenance allemande, qui datent des trente premières années du dix-septième siècle; on en voit une fort belle collection au musée d'artillerie de Paris. Ce musée possède
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aussi une carabine d'origine française qui a été fabri-
quée en 1530; c'est probablement le premier spécimen de celte iirme qui ait été produit chez nous.