LA CHASSE AU MARAIS
A cette chasse, où Ton a presque conslamment les pieds plongés dans l'eau, il est essentiel d'avoir des bottes imperméables ; le contact prolongé de rhumidité aurait, en effet, pour résultat une éruption sur quelques parties du corps, et principalement aux poignets de petits boutons durs et pointus fort douloureux, connus sous le nom de « gale d'eau ». Quelquefois la chasse au marais est la cause d'autres maladies plus dangereuses, les rhumatismes et les fièvres inflammatoires, par exemple. Enfin, comme la plupart des gibiers d'eau sont des oiseaux de passage qui ne viennent chez nous que pendant la mauvaise saison, il fait presque toujours froid lorsque l'on chasse au marais; il est donc indispensable de se vêtir chaudement.
A la chasse au marais, il faut apporter une allenlion
toute spéciale à l'endroit où l'or est mou et tremblant, cà et là hé formées par les racines des jonc une bonne précaution de cou
roseaux au milieu desquels on n appuyées sur le sol par le pied di un parquet plus solide que le ti enfonce profondément. On doit I circonspection; le terrain est pi
chées ou de fossés, dissimulés par Teau sans transparence et par les plantes aquatiques, et lorsqu'on croit marcher sur un sol uni, on est exposé à faire un plongeon.
Lorsqu'on chasse dans les prairies humides, il faut se méfier des espaces circulaires recouverts d'herbes rares et d'un vert qui contraste par sa fraîcheur avec le terrain environnant; ces herbes cachent le plus souvent un large trou d'une grande profondeur, rempli par une vase liquide dont on se dégagerait difficilement. Ces gouffres, qui ont englouti plus d'une victime, s'appellent des mortes. Si un chasseur se trouve engagé dans Tune d'elles et que personne ne soit là pour lui tendre la main, il n'a pas d'autre parti à prendre que de se jeter à. plat ventre de manière à offrir à l'élément boueux la plus grande surface possible et de tâcher de se traîner en rampant jusque, ce qu'il ait regagné le terrain solide.
La chasse dans les tourbières présente aussi beaucoup de danger ; c'est une grande imprudence de se risquer seul dans une tourbière que l'on ne connaît pas parfaitement. Le terrain en a été fouillé un peu partout pour en extraire les combustibles, — les chemins que Ton avait réservés, constamment minés par l'action des eaux, ont pu s'ébouler, — et l'on est exposé à tomber dans des abîmes. C'est une excellente précaution de porter à cette chasse, comme c'est la coutume dans quelques localités, une longue perche en travers du dos ; cette perche peut servir à sonder le terrain, aider à se tirer d'un mauvais pas et être utile pour secourir un compagnon.
Malgré les dangers qu'elle présente, la chasse au