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LA CHASSE A COURRE

Cette chasse diffère suivant que Ton a pour objectif la grande venaison (cerfs, daims, chevreuils, marcassins, loups, renards, etc.), ou le menu gibier poil (lièvres ou lapins).

I. — La chasse de la grande venaison est le plus émouvant des sports. La veille du jour fixé pour ce royal divertissement, le veneur fait avec soin le tour des enceintes pour choisir l'endroit où il pourra venir à bon vent; dès le matin, la pointe du jour, il place ses relais, en prenant garde qu'on ne foule pas l'enceinte, et, tenant son limier en laisse pour l'empêcher de se lancer et de sauter jusqu'au fort, il s'assure avec lui de la rentrée, choisit le pied, et fait les brisées en conséquence. Les piqueurs se préparent aussi pour la solennité et les chasseurs mettent en ordre leur attirail. Le fusil est remplacé par le cor ou la trompe ; plus de blouse, plus de guêtre, plus de carnassière, mais le costume le plus élégant selon l'étiquette du jour.

i;i2 LES EXERCICES DU CORPS.

Les chevaux arrivenl, les chiens sortent accouplés et

dirigés par leurâ valeU ; Les dames njonlent en «calèche pour gagner le rendez-vous ou sur de docijfis cour-

siers pour suivre la chasse et partager ses émotions.

Aujourd'hui, c'est le renard qui constitue l'objectif ordinaire des chasseurs de grande venaison. L'odeur fétide qu'il exhale anime beaucoup les chiens à sa poursuite.

Avant d'entrer en quête, il faut commencer par boucher les terriers. Dès que les chiens sont tombés sur la voie, le renard se lance et revient d'abord h son terrier. Gomme il ne peut y entrer, il cherche à se dérober par la rapidité de sa course et par toutes sortes de ruses à la poursuite dont il est l'objet. Il a beaucoup d'haleine et tient fort longtemps ; aussi estil bon d'établir des relais ou tout au moins de ne découpler de la meute que les chiens les plus vigoureux et de garder les autres pour ne les donner qu'une heure ou une heure et demie après le lancer.

Quand le renard se sent sur ses fins, il se fourre dans quelque trou ou sous quelque pierre d'où il ne présente que la gueule pour se défendre de son mieux ; ou bien il se jette à Teau et reste au milieu des roseaux ou sur une petite île. Mais lies chiens, grâce à son fumet, finissent presque toujours par l'atteindre et par l'étrangler.

Il n'y a, en somme, que deux écueils à redouter : si l'on a omis de boucher quelque terrier, on peut être certain que le renard s'y réfugiera et n'en sortira que si on le fume. D'autre part, lorsque l'animal est vivement pressé, il jette ses excréments sur la voie et il fait ainsi hésiter quelquefois la meute.

Pour boucher la gueule d'un terrier, il suffit de piquer à l'entrée un jalon auquel on attache un lambeau de papier blanc ou d'étoffe; le renard est si

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méûanL el il redoute tellement les embûches que i

ce simple jalon le fait fuir. On peut aussi interdire j

l'accès d'un pays où l'on aurait trop de peine à le suivre en lui barrant le passage à l'aide d'une ficelle,

à laquelle on attache des lambeaux d*éloffe éclatante; on soutient le cordeau de distance en distance à Taide de petits morceaux de bois piqués en terre.

Il va sans dire que les chasseurs doivent suivre la meute à cheval et franchir tous les obstacles qu'ils rencontrent en chemin. Or, comme Tanimal fuit presque invariablement par le plus mauvais terrain et recherche les passages difficiles, il en résulte des steeple-chases souvent périlleux et au cours desquels on ne saurait trop recommander d'obéir plutôt à la prudence qu'à l'emballement. Il est certainement très beau d'arriver premier à un hallali, mais il est aussi très désagréable de se rompre les os pour atteindre, ou plutôt pour ne pas atteindre ce résultat.

La curée au son des fanfares est le couronnement obligatoire de toute chasse qui s'est terminée victorieusement.

II. — Lorsqu'on veut chasser le lièvre à courre, on le quête à la billebaude. On découple les chiens une centaine de pas- avant l'endroit où l'on espère le rencontrer.

En sortant du gagnage, le lièvre se rend ordinairement dans un des chemins les plus voisins en décrivant une courbe. Une fois dans le chemin, il choisit les passages qui peuvent le moins conserver l'empreinte de son pied, gagne un carrefour, y fait des ruses, croise ses voies, double sa piste.

Si, en arrivant au gîte du lièvre, on l'aperçoit, il ne faut pas y mener directement les chiens ; quelqu'un va le faire partir, et quand il a de l'avance on met la meute sur sa voie.

On ne doit paa se décourager lorsque le lièvre met les chiens en déTaut; avec de la patience on parvient presque toujours à les remettre sur la bonne

t un accident plus à craindre que le défaut, c'est mge. Quelquefois, lorsqu'après avoir fait un iri, le lièvre de meute s'est jeté sur le côté, un lièvre bondit devant la meute; si les chiens ment cette voie nouvelle, il est évident que, déjfe 3, ils Tie pourront rejoindre un animal frais et ; il faut donc les rompre et les remettre sur nne voie. Lorsque le change a lieu au commen- '. de la chasse, il est 1res difficile de distinguer ïrcinifis laissées par le pied de l'animal de meule e qu'a faites l'autre lièvre ; mais quand le lièvre ;he de ses fins, ses muscles sont détendus par la :, il pèse sur le talon, ses doigts tournent à droite auche et les ongles posés de cùté laissent à terre einle d'une portion de croissant; le pied devient et on le reconnaît, non pas parce qu'il res- ! à ce qu'il était au commencement de la chasse, ■arce qu'il en diffère,

Iquefois, après un défaut, on voit un lièvre d'un gUe. 11 est probable que c'est un lièvre de î. Toutefois, comme le lièvre de meute peut remis dans un vieux gîle, le veneur doit tâter le vec la main : si le gîte est chaud, il est évident n'est pas celui du lièvre chassé, et on rompt les ; si le gîte est froid, il est possible que l'on ait B le lièvre de meute. Au reste, celui qui est déjà ené esl fort reconnaissable : sa couleur devient bncée, son dos se voûte, et, comme on dit, il

porte la hotte. Alors, il multiplie ses ruses et a recours a de fréquenls hourvaris.

Lorsque plusieurs défauts ont lieu à peu d'intervalle Tun de l'autre, on peut conjecturer que la fin de la chasse est proche ; mais c'est aussi le moment où il faut le plus de prudence et le plus de soin. Le lièvre, couché sur le ventre au pied de quelque cépée ou de quelque chardon, laissera passer les chiens et les chevaux sans essayer de partir .

Il va sans dire qu'on ne doit jamais oublier de donner la curée aux chiens.

Quand on veut chasser le lapin à courre, il faut au préalable boucher tous les lerriers.

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