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CHAPITRE VII

Le canotage a des archives très peu volumineuses ; pourtant depuis quelques trente ans il est devenu en France un sport très à la mode. Il a aujourd'hui ses clubs régulièrement organisé^ ses journaux, ses héros officiels et ses rivalités. Pour les canotiers parisiens, Asnières, Charenton, Joinville et Nogent sont les principaux lieux de rendez-vous; là, on trouve à louer, à raison d'un franc l'heure, des flottilles de barques h la rame et d'embarcations à voile. Toutefois, le canotage de louage n'existe que pour les gens qui canotent à l'occasion; les vrais canotiers sont généralement propriétaires de leur canot, ou bien un canot appartient à une société qui fait les frais d'une équipe. Paris a son Rowing^Cluh (club de l'aviron) et son Sailing-Club (club de la voile); la haute Seine est représentée par le Club nautique.

Le canotage organisé ne date réellement que du jour où le prince de Joinville se promena sur la Seine» k Neuilly» dans une baleinière montée par huit matelots. Les amateurs le regardèrent d'abord passer avec respect, puis essayèrent de lutter de vitesse avec

De toutes parts surgirent alors des équipes ri-

vales et des régates furent sérieusement organisées; c'est & cette émulation, qui n'a fait avec le temps que

croître et embellir, que lé canotage doit les progrés incessants qu'il a accomplis dans la construction et le maniement des embarcations de course.

Aller vite, — tel était le problème que cherchaient sans cesse à résoudre ces courageux champions. VEva faisait venir h grands frais d'Angleterre des embarcations nouvelles; k peine étaient-elles arrivées qu'un constructeur copiait leurs fonds, leurs gabarits, leur ligne d'eau, et quinze jours après naviguaient les reproductions exactes de ces bateaux, augmentées de tout ce que l'esprit sans cesse en éveil avait cru devoir y apporter de perfectionnements.

Quant au canotage à la voile en rivière, c'est d'Amérique que nous est venu, en i847, le premier modèle de barque. Il appartenait à M. L. Cor, armateur ^u Havre. On commença par rire de cette forme étrange des « clippers », de leur ventre large et rebondi; mais peu à peu chacun reconnut la supériorité de leur marche et de leur stabilité. Les clippers sillonnèrent d'abord la Seine, puis ils se lassèrent de ce champ d'action restreint. Impatients de braver des dangers plus sérieux, ils descendirent jusqu'au Havre et poussèrent même jusqu'à Saint- Valéry et jusqu'à Dieppe; c'étaient des trajets de cent kilomètres que l'on entreprenait sur des coquilles de noix.

Sur le modèle des clippers, qui se répandit avec une surprenante rapidité, les armateurs des ports de mer se firent construire des voiliers de toute dimensions : Saint-Mal 0, Nantes, Bordeaux, Marseille, Toulon, Cannes lancèrent des clippers, organisèrent des matchs et des régates. C'est ainsi qu'en 1861 les Bordelais vinrent à Saint-Nazaire soutenir un défi que

i Nantais leur avaient adressé ; ce fut la Mouche, de

Bordeaux, qui arriva première, après une course de huit heures.

En Anglelerre, la navi florissante qu'en France, sionomie différente de ce Les « yachtmen » anglais fréquentes expéditions ni imitateurs français eet tré un journal anglais, est ui de luxe, h. l'usage exclus!

lord ennuyé s'embarque trois cents tonneaux, ayai visions de la plus fine qui tueux, une bibliothèque, vigoureux marins, un cht deux ou trois domestiqi dans cette prison mouva:

à toutes les vicissitudes tempêtes, il va visiter l Canaries ou le Spitzberg.

favori de la fortune se d avivent ses sens blasés ; < les douceurs du repos. » ' bien son charme ; mais il 1 tielle : l'actton constante d

11 est injuste de se moque ter de « marins d'eau doui par une foule de faits et apprécié. La mer, du reste on la preuve? 11. y a que

parisiens, VÊclair et la Mauve, longs de cinq mètres seulement, ont fait la traversé de Boulogne à Polkestone par un temps horrible. L'un, l'Éclair, est arrivé au port h sec de toile ; l'autre, la Mauve, a chaviré. Les

i le montaient eonl restés cinq lieures ponnés à la quille de leur bateau, et ^. leurs doigts crispés avaient marqué dans le boir ''■""preinte de leurs ongles, lorsqu'un garde-cAtes ai qui était parti h. leur recherche, les retrouva enl)

On peut comprendre sous le nom de canof espèce d'embarcation de petites dimensions, se ni vrant à la voile ou k l'aviron.

Les canots dilîèrent d'après leur deslinatio uns, larges et solides, conviennent aux promec les autres, étroits cl légers, ne peuvent servir e canotiers e.vercés qui veulent aller vite.

Le canot de chêne ou de sapin, aux flancs épE ventre rebondi, lourd, large et court, est l'eml lion particulièrement chère aux familles, pour < construction est un gage de sécurité.

Le " canot yole » tient, ainsi que son nom l'in le milieu entrele canot et la yole. C'était, il y a ans, la seule embarcation de course employ France, On n'en retrouve plus aujourd'hui que ques rares spécimens ; son équipage se com habituellement de quatre rameurs et d'un barn mesurait environ l'",60 de large sur 7 mètres de

La « yole» se rapproche de la pirogue des In Elle a de la finesse et de la légèreté et doit plut<! considérée comme un bateau de course que ci un bateau de promenade. La yole à six rameu construite en sapin ou en acajou ; elle mesure gé lement une largeur de 1 mètre à 1°',30 et une

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gueur de 12 & 13 mèlres a la même largeur, maîf mètres seulement; et la mesure que 8 métrés.

La « périssoire « a un noi très étroit et très long, h.

Canot Je promenade.

à ses extrémités, très instable, dans lequel le canotier s'assied sur le fond et qu'il dirige avec une pagaie.

Le « podoscaphe » se compose de deux patins étroits, longs de 4 à 5 mètres et reliés par deux tringles de fer. Le rameur pose un pied sur chacun de ces patins, et, debout, dirige le podosca une longue pagaie.

Le « skifl » est le bateau le plus léger, le p cile h construire et le plus malaisé h condui

c'est aussi de tous celui qui va le plus vite. Il est fait en' acajou et sa coque est complètement ronde, il ne s'élève pas à ;pl«[s de 5 centimètres au dessus de

Périssoire.

Teau^à Tavant et de 2 centimètres et demi à Tarriére ; au milieu seulement, là où s'assied le rameur, le • borda ge atteiift une hauteur de 15 centimètres.

Podoscaphe.

Afin que l'eau ne puisse pas pénétrer dans l'embarcation, l'avant et l'arrière sont couverts d'une

toile imperméable. Le skiff mesure de 30 à 40 centimètres de largeur sur 9 mètres de longueur. En

dehors du bordage et de chaque côté du bateau sont fixées des tringles de fer qui se rejoignent pour supporter les dames sur lesquelles reposeront les

Skiff.

avirons ; ces avirons sont creusés et recourbés sur toute la longueur de la palette, afin de mieux prendre Teau. Le siège est fixe ou glissant.

Le « funny » est un skiff amené à des proportions qui diminuent les difficultés de la conduite. Sa largeur

LE CANOTAGE. l8o

varie de 60 à 75 centimètres et sa longueur est de 9 mèlres. Il a plus de hauteur de bordage aue le skiFT; le siège en estQxe ou glissant.

Le « randan » est une yole dont l'équipage pose d'un barreur et de trois rameurs. Le rameur tire l'aviron de pointe, le second le de couple et le troisième un second aviron d

La liste dés canots & la voile est beauci courte que celle des canots k l'aviron; elle prend, en réalité, que deux genres de constr est vrai qu'il dépend du caprice du premier mettre un torchon de toile sur l'un quelco; canots destinés à être manœuvres à l'aviron ; i ne saurait constituer le canotage à la voile, des prétentions de certains amateurs de i qui s'imaginent naviguer parce qu'ils auroi dans un baleau Jeur mouchoir au haut d'une

Les canots exclusivement destinés à la m à la voile doiventêtres'olidement pontés. Usa nent presque tous et la navigation de plaisance que le tonnage serait suffisant pour leur p d'accomplir une longue traversée ou mémi botage.

Le « cutter » est anglais, le n clipper » es cain ; le cutter coupe l'eau, le clipper glisse sur t donc par les fonds que ces deux genres demi diffèrent. Le cutter, avec ses fonds très uns et très accentuée, est beaucoup plus haut de bor plus d'eau; il est donc très stable. Mais sa ii fond ne lui permet pas de s'enlever sur la passe à travers, ce qui n'est pas un mince désa;

Ile est forte. D'un autre côté, par cela même lèlre plus avant dans l'eau, 11 offre plus de :e au vent, ce qui est un immense avantage n marche contre le vent. Le clipper, lui, a les scessivement plats et cale très peu d'eau; il , par conséquent, mieux sur la lame, et marche lidement qu*id il a vent arrière.

LE CANOTAGE A l' AVIRON.

ils préliminaires. — Il serait un pauvre an, celui qui se contenterait, pour manœuvrer t, de battre l'eau de ses rames tant bien que is connaître et sans appliquer les principes de tout le moins il se rendrait ridicule aux yeux

et aux siens. On croyait autrefois qu'il sufflir bien ramer, d'employer toute sa force, de e dans l'opinion générale plus un homme était ux, meilleur canotier il devait être ; on exerçait avirons une pression d'une violence insensée,

sans remuer le corps, et, au prix des plus itigues, on faisait avancer l'embarcation par is et par bonds. Le but était de donner le plus lombre possible de coups d'aviron dans un lonné. Heureusement les choses ont changé le canotage est devenu une science ayant ses xes et son code particulier. iviendra de s'exercer d'abord dans un canot t de s'apphquer à ramer correctement avant iliquer à ramer vite.

s lu me classique du canotier se compose d'un sans manches, d'un pantalon de flanelle et de

chaussures très légères. Le pantalon est souvent coupé aux genoux, surtout si l'on canote dans une embarcation & laquelle on veut imprimer une grande vitesse. La chaussure légère a l'avantage de ne pas gêner les mouvements, au cas où le canot chavirerait

Canotagi

et OÙ il faudrait nager. On met sur la tête, chapeau de paille, soit une casquette dont on les couleurs à sa guise. — Outre ce costume, il de déposer dans le canot une vareuse que l'o pendant les moments de repos; grâce à cette tion, on évite les refroidissements et leurs quences.

L'emploi des forces. — i

qu'une grande puissance n

de canotage, avantageuse

utilement, et que ceux qui

vite énuisés, s'ils ne saveni it-étre à tous les Et rame nul ne peut joutenu, l'harmoni' vaoyrtaH d'action.

je. — Le rameur de

Il domine le manche de sa rame, alin de l'avoir main et de la gouverner à son gré. 11 se posera )rd de son banc, de telle sorte qu'en se pen- I avant, ses genoux soient nalurellemenl ployés s et que ses jambes se trouvent écartées. A que l'aviron recevra l'impulsion qui lut fait 'eau et que le corps se redressera, les jambes ieront graduellement pour être complètement ; quand la rame sortira de l'eau. La puissance de rame dépend donc en partie, comme on le la vigueur des jambes.

téils doivent être tournés en dehors, les talons es au même niveau et se toucher. On passera rier l'un des pieds ou tous les deux.

■p de rame. — Il est une règle ancienne qui dit i la rame traverse l'eau, mieux cela vaut.

;le, toute bonne qu'elle est, peut faire tomber faute qui consiste à se renverser au delà de st nécessaire. Pour qu'il résulte un avantage l'amplitude considérable du coup de rame, il l'on puisse se redresser rapidement, ce qui ile; du reste, quand le corps est fortement

penché en arrière, l'aclion de la rame est très C'est à cause de ces raisons qu'il importe, po tenir le meilleur effet, de lancer le haut du cor( en avant et d'avoir au commencement du ce rame les mains à plomb au-dessus des pieds.

Le nombre de coups de rame que l'on donn minute est de trente-deux à trente-six, lors( marche est modérée ; quand on veut aller très v course par exemple, on porte ce nombre j quarante-cinq. *

Entrons maintenant dans les détails que cou le coup de rame.

Les avirons étant engagés dans les damei pelle reposera à plat sur l'eau. Le rameur tie avirons avec fermeté, en ayant soin d'avoir co ment ses poignets à la même hauteur, sous p( détruire l'équilibre de son canot; sa tèle serai ment inclinée en arrière et ses yeux seront ûx l'arrière du bateau. Pour donner le coup d'avi étendra les bras et penchera le buste en avant e replier sur lui-même; il abaissera légèreme mains par un mouvement des poignets, de m que la pelle de ses avirons prenne une positio pendiculaire au niveau de l'eau ; il enfoncera c de façon que leur pelle seule soit immergée et '. pera l'eau horizontalement.

A l'instant précis où les avirons s'enfoncen l'eau, les bras et le corps doivent commence mouvoir en arrière ; cette motion continuera j ce que le corps soit à demi renversé. Les brf étaient restés étendus jusqu'à ce moment, se p et les coudes viennent passer près des hanche»

ne s'arrêter dans leur course que lorsque les mains, ramenées avec vitesse, touchent le corps à la hauteur des dernières côtes. Quand les avirons sortiront de Teau, un mouvement des poignets les renversera sur leur plat.

A ce moment, le coup de rame est terminé. Le corps du rameur se trouve alors au delà de la verticale, ses jambes sont étendues, ses genoux se touchent, la poitrine est largement déployée et les épaules sont effacées.

Pour revenir à la première position, il faut, dès que les mains sont sur le même plan vertical que la poitrine, lancer en avant les bras et le corps, avec ensemble et aussi rapidement que possible. Pendant ce mouvement, la pelle de la rame est sur son plat ; si le canot est stable, elle voyagera dans l'air, parce qu'en touchant l'eau elle opposerait une certaine résistance à la lancée de l'embarcation ; mais si le canot est instable, si c'est un skiff, par exemple, il faudra « plumer », c'est-à-dire faire en sorte que les pelles des rames glissent sur l'eau en l'effleurant, de manière que l'équilibre du bateau soit maintenu sans que la vitesse soit sensiblement diminuée.

Lorsque les bras sont arrivés à leur point d'extrême extension, un mouvement des poignets ramènera les avirons à la position verticale.

Les fautes à éviter. — Les fautes que font le plus communément les commençants sont les suivantes :

« Déployer toute sa force au commencement du coup. » — Ce sont les canotiers les plus vigoureux qui tombent le plus souvent dans cette erreur.

« Courber le corps sur les rames à la fin du coup. »

— On évitera ce défaut en surveillant ses épa « Ramollir les bras trop tût. n — Cette faut surtout fréquente quand on se sert d'un canot léger ; à peine l'eau est-elle touchée par les av que l'embarcation s'élance, et la résistance est si faible que les bras modèrent tout naturellement effort. Le moyen de remédier k cette erreur est foncer un peu plus profondément les avirons l'eau, de manière à augmenter la résistance.

« Manquer de simultanéité. « — C'est surtout l'action des mains que ce défaut se manifeste sou Il importe cependant que leurs mouvements et des poignets s'exécutent avec une simultanéité abs si l'on veut que les avirons frappent l'eau et en so de façon è. ce que le canot ne fasse pas de zigzags 11 faut encore éviter, comme des fautes cont style et l'élégance, de faire rejaillir l'eau quar enfonce les avirons et quand on les retire, d'avoi coudes en dehors à la Un du coup de rame et d( garder ses avirons.

Le siège à coulisse. — Le siège à coulisse donne marche, quand il est judicieusement employé surcroit de vitesse considérable. Ce siège glissesur lames d'acier parallèles, placées sur un banc Q dirigées dans le sens de l'axe longitudinal du ba Sur le siège fixe, le corps a, dans son balancer un pivot immobile; dans le siège à. coulisse, au traire, le pivot lui-même se meut tandis que le < se balance, et l'action s'exerce par suite sur une grande surface.

Il n'a été question, jusqu'à, présent, que du

ling, c'est-à-dire du cas où le rameur manie simultanément deux avirons. Le rowing^ c'est-à-dire la manœuvre dans laquelle le canot est monté par une équipe dont chaque membre est armé d'un aviron seulement, est soumis aux mêmes règles. Seulement il est, dans ce dernier cas, absolument essentiel que la simultanéité des mouvements soit constamment maintenue. C'est sur le chef de nage, c'est-à-dire sur le rameur le plus rapproché de la partie postérieure du bateau, que chacun doit se régler. En outre des rameurs, une équipe comporte généralement un barreur, qui s'assied à l'arrière de l'embarcation, la face tournée vers lavant, et dirige la marche au moyen de deux cordes actionnant le gouvernail.

Tout le monde sait que pour faire décrire une courbe à un canot, il suffit de ramer avec plus de force du côté opposé à celui vers lequel on veut aller; si l'on désire tourner, on enfonce dans l'eau l'un des avirons et on la coupe en allant d'arrière en avant, tandis que l'autre aviron est manœuvré vigoureusement à la manière ordinaire.

Il faut.se garder de monter dans un canot léger et peu stable et d'en sortir sans le secours d'une personne qui le maintienne en équilibre jusqu'à ce que l'on ait saisi les avirons.

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