EMIGRATION DES CAMPAGNES DANS LES VILLES
cher les emplois publics. Ennoblir le travail des mains, faire de la pédagogie un art nouveau, tout d'action et de labeur, perfectionner, le plus possible, l'organisme humain, tels sont les principes autour desquels s'agiteront, dans un avenir très proche, les partis démocratiques, et ils en feront, comme on le 'dit maintenant, un tremplain dans les luttes qui s'engageront pour arriver à Tadministration municipale et au Parlement.
Si les peuples avaient continué, suivant l'antique usage, à se multiplier à la campagne, où les hommes croissent au soleil, se répandant çà et là, de la même façon que les plantes, la nécessité ne se serait pas fait sentir d'une éducation différente de celle que donnent Texercice et le travail au grand air. Malheureusement, les habitants de la campagne emigrent de plus en plus dans les villes.
Il arrive aux hommes qui se parquent dans les villes, ce que nous voyons dans les vergers : lorsqu'un arbre est trop riche en fruits, ceux-ci demeurent petits ou deviennent véreux. Plus les agglomérations d'hommes grandissent, plus les usines se développent, et plus aussi deviennent délétères les influences qui font dépérir la plante humaine. Les paysans, affluant dans les villes, peuvent se comparer aux sauvages lorsqu'ils entrent en contact avec une civilisation supérieure. Comme à eux, la force d'inhibition, un empire sérieux sur eux-mêmes, leur manquent pour réfréner leurs désirs et guider leur marche dans cette ambiance nouvelle. Us y dégénèrent et succombent plus vite que d'autres mieux
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armés. Pour se faire à celte nouvelle existence, il faut une acclimatation rapide que beaucoup ne peuvent supporter s'ils vivent dans des conditions défavorables. C'est pourquoi, dans les villes industrielles, Thygiène et la science doîveiil redoubler de vigilance, afin de faire disparaître ces mauvaises conditions qui détruisent la sanlé de leurs nouveaux habitants ;. et elles doivent aussi veiller à ne pas laisser croître la mortalité chez les enfants et les femmes.
La vie urbaine est si défavorable au développement de Thomme, qu'en Allemagne, les campagnes fournissent six conscrits de plus sur cent, que les villes.
En Italie, bien que l'industrie commence à peine à se développer, la différence de constitution entre les jeunes gens des petits centres et ceux des villes où le nombre des fabriques s'est élevé est déjà très appréciable. En Piémont, par exemple, sur chaque centaine de conscrits visités par les conseils de revision, de 1897 à 1901, une bien plus grande quantité furent ajournés ou réformés à Turin qu'à
Ivrée ou à Asti :