‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 100 sur 200 · SOCIALISME ET INSTRUCTION · texte numérisé non relu

SOCIALISME ET INSTRUCTION

même s'il ne réalise point ses desiderata dans toute leur étendue.

Dès maintenant, tout le [monde pense que les riches devraient payer un prix plus élevé pour l'éducation de leurs fils. L'ouvrier qui apprend un métier est obligé à de plus grands sacrifices, et à une dépense supérieure à celle de l'enfant d'un riche qui s'instruit à l'université en vue d'une profession. Il est indispensable que les gens aisés payent des taxes scolaires plus élevées, afin que Ton puisse améliorer les institutions scolaires au point de vue matériel, et payer plus dignement les professeurs \ Les conditions oîi se trouvent les écoles sont vraiment déplorables. Et il est vraiment étrange qu'au milieu du faste et de la mégalomanie croissante où nous vivons, on ne voie pas les municipes et les particuliers doter les villes d'édifices scolaires modèles. Ce serait un aiguillon pour le progrès, de voir les profanes admîrer ce que l'hygiène et l'éducation physique ont pu inspirer de plus parfait pour la bonne éducation de notre jeunesse.

Nous devons reprocher encore une faute grave au gouvernement, c'est de ne pas s'occuper de l'éducation physique dans les écoles privées. Nous n'ignorons point qu'une moitié environ de notre enseignement classique est entre les mains des clergés séculiers et réguliers. Hé! bien, l'Etat n'exerce sur eux aucune surveillance. Les fonds manquent, il est vrai, pour nommer des inspecteurs, mais ce qui manque aussi, et surtout, c'est la tradition, c'est Ten-

1. Des chiffres réunis par le député L. Morandi, il résulte que pendant la période triennale qui va de 1898 à 1901, les taxes des écoles secondaires ont couvert 40 p. 100 des dépenses qu'elles ont occasionné à l'Etat, tandis que les taxes des universités n'ont payé que 25 p. 100 des mêmes dépenses.

\n LA DÉMOCRATIE ET L'ÉDUCATION PHYSIQUE

vie de bien et de tout observer. Le peuple italien vit dans une sotte inaction, et chaque année des sommes énormes sont, chez nous, inutilement dépensées. Les villes regorgent à tel point de monuments neufs qu'elles ont des aspects de Campo Santo, Si Ton imposait une taxe en faveur des écoles et de réducation physique, pour chaque monument que Ton veut élever sur les places ou dans les cimetières, ce serait un grand bienfait pour le peuple italien, et ainsi on mettrait fin peut-être à un luxe exagéré. Quand les pauvres jouiront d un peu plus d'influence dans le gouvernement, beaucoup de dépenses inutiles cesseront, et le développement intellectuel et corporel des masses deviendra meilleur. Parmi les grandes révolutions sociales qui se sont accomplies au XIX® siècle, celle qui transforma les habitudes des peuples de la façon la plus radicale, fut la disparition du travail domestique. (Lorsque les Américains font allusion à cet état moyennageux de l'Europe moderne, ils le nomment domestic System.) Ce travail fut remplacé par celui des machines fonctionnant dans les fabriques, et dont l'action €st d'autant plus productive, d'autant plus intense que ces fabriques sont plus importantes. Tandis que le travail de lliomme semble devoir disparaître devant celui de la machine, il semble d'autre part grandir dans l'estime des hommes. Si bien qu'aujourd'hui d'habiles ouvriers sont engagés dans les universités américaines pour apprendre aux étudiants Tart du forgeron, du menuisier, du relieur et du jardinier, pour leur montrer comment se travaille le fer et les autres métaux avec Taide du tour, etc. Le travail manuel est méprisé en Italie; ceci explique pourquoi un grand nombre de gens s'éloignent de l'industrie pour recher-

Page 1