‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 107 sur 200 · ON NEGLIGE LES ENFANTS · texte numérisé non relu

ON NEGLIGE LES ENFANTS

en 1899. (La Russie n'y figure point et cela à cause de ses conditions d'existence très difîérentes de celles du reste de l'Europe.)

Donc en Italie, sur 2.336 habitants, un seul est inscrit à une Société gymnastique. Et le pire, c'est que les ouvriers ne peuvent trouver que de nuit une heure de liberté pour s'exercer à la gymnastique. Cela est très mauvais. Il est nécessaire que ceux qui travaillent dans une usine puissent disposer de quelques moments de répit pour jouer à Tair libre et au soleil; et il faut qu'on s'occupe de les distraire.

Le désir du gain est si puissant que le développement des [enfants n'est un objet de préoccupation que jusqu'à l'âge où ils peuvent rapporter. A peine sont-ils bons à gagner quelque chose, que toute considération de croissance ou de santé est mise de côté. Cela est contraire à toutes les lois physiologiques. L'éducation doit être départie d'une façon plus intense durant les années où notre organisme se montre le plus malléable, c'est-à-dire de seize à vingt ans. Si l'éducation physique était mieux donnée, les jeunes gens supporteraient plus vaillamment l'intense travail du cerveau requis dans les écoles. La faiblesse physique exerce une influence fatale dans la jeunesse pendant la période où se forme le caractère, et en ce moment solennel où l'homme entre dans la voie sociale qu'il devra suivre jusqu'à la mort.

La société moderne se montre marâtre envers les jeunes gens. A chaque porte, il existe un cabaret où l'on peut trouver des liqueurs, du vin et des excitants ; dans chaque ville, se trouvent une foule de théâtres qui offrent leurs spectacles aux adultes; mais on néglige la jeunesse; on ne fait rien pour qu'elle se développe dans des conditions

telles qu'elle devienne plus robuste ; et dans les écoles, nous venons encore la tourmenter avec la gymnastique. Berthelot, alors qu'il était ministre de l'instruction publique, en acceptant, en 1888, la présidence de la Ligue nationale de r éducation physique^ écrivit une lettre remarquable. Il y disait entre autres choses : « N'attristons pas cet âge jusque dans ses plaisirs : la tristesse ne vient que trop tôt dans la vie humaine; laissons la joie aux enfants. Rendons-leur l'exercice physique attrayant ; ils ne demandent pas mieux que de jouer et de s'épanouir en toute liberté. »

: y La Suède est peut-être le pays qui, en ces dernières an-, nées, a su fournir la marche en avant la plus rapide. La réforme de ses écoles se fit sous l'influence de cette idée : é^eyer l'éducation physique au rôle de facteur prédominant dans l'instruction publique nationale. De plus, en aucun pays j le travail manuel n'est aussi florissant que chez elle, Pasquale Villari a traité le sujet du travail manuel avec sa remarquable compétence, il a démontré quelle place il doit tenir dans l'éducation générale de la jeunesse. Toutes les classes fraternisèrent en Suède sur le terrain dû travail manuel : les femmes prirent une part active à cette éducation, et la vieille aristocratie se mêla aux pauvres dans le but de leur enseigner le travail des mains.

Lorsque j'ai visité TAngle terre, une dçs choses qui me firent le plus d'impressions fut de m'entendre dire : « L'éducation anglaise est telle qu'elle peut remplacer Tinsulfisance

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