SOCIALISTES FRANÇAIS
de renseignement ». Impossible, hélas ! d'invoquer la réciproque: renseignement ne remplacera jamais Téducation. L^amour du travail, voilà ce qui manque le plus, chez nous,
à 1^ classe dirigeante. En Angleterre et en Suède, comme P^' . ^ , ... . .
en Amérique, des cours universitaires sont institués en été
pour ceux qui ne peuvent suivre régulièrement les cours
professés durant Tannée académique. Le besoin de ces
cours estivaux ne s'étant point fait sentir encore en Italie,
nous n'en possédons pas.
Et cependant, si Tamour du travail ne grandit point chez^ /^l^ nous, la richesse du pays ne saurait non plus y croitre ^^Mais /j . ^. le socialisme, lui-même, malgré la lutte qu'il suscite entre ^^
les classes, n'a pas su pousser au travail autant qu on l'avait espéré dès le principe. Les socialistes français répandent cette opinion que Touvrier doit fournir à son patron la plus minime somme de travail possible, en obtenant de lui le plus haut salaire possible. Ainsi entendue, la lutte entre le capital et la main-d'œuvre est fatale au progrès. Aussi ne voyons-nous pas exister chez les Américains un semblable antagonisme. Je me souviens d'un directeur d'usine qui me disait, en Amérique, qu'en se servant des mêmes machines, les ouvriers d'Europe produisaient moins que les leurs parce qu'ils sont moins laborieux.
La grande différence qui existe entre l'Italie et les pays plus avancés, c'est que chez nous, on étudie beaucoup moins les problèmes de l'hygiène sociale. Tout le monde s'en occupe en Angleterre et en Amérique, en commençant par les plus hautes classes, qui donnent le plus actif exemple de propagande, et en passant par les universités, pour arriver jusqu'aux offices et aux boutiques, elle fait l'objet de la pen-
â06 LA DÉMOCRATIE ET L'ÉDUCATION PHYSIQUE
sée de tous. Et dans les revues et les journaux, on discute les plus minimes particularités qui peuvent intéresser les corporations ouvrières et les éducateurs de la jeunesse.
Les lois sociales inaugurées en Allemagne, et spécialement la loi d'assurance contre la maladie exercent une influence si bienfaisante, si salutaire sur la situation matérielle du peuple, que nous devrions procurer sans retard une aide semblable aux ouvriers. En 1898, 22 067 caisses de secours aux malades existaient déjà en Allemagne. Ceci nous explique pourquoi la mortalité par la tuberculose y diminue, tandis que, malheureusement, elle est en croissance chez nous.
Le gouvernement devrait se préoccuper de l'avenir et penser que nous ne possédons encore aucune enquête sociale sur Tltalie. 11 serait cependant indispensable de savoir dès aujourd'hui à quoi nous en tenir sur la marche de nos industries et leurs besoins, sur les conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvent nos ouvriers. L'accroissement de leur nombre, l'influence que peuvent avoir sur eux la nourriture et les différents milieux où ils vivent, la fatigue que leur occasionnent les travaux plus ou moins durs auxquels ils se livrent, nous devrions étudier tout cela. La démographie du peuple italien nous est inconnue.
Au cours de la discussion sur la loi de l'instruction obligatoire cette phrase fut prononcée au milieu des applaudissements: « A chaque école qui s'ouvre, une prison se ferme ! » Mais, hélas ! le nombre des prisons augmente chez nous plus vite que celui des écoles.