ORIGINES DES ETATS-UNIS
Iruction de se répandre frappait de lourdes taxes les maîtres d'école \
L'expansion d'un peuple détermine en lui un abaissement de la température intellectuelle semblable à celui qui se produit dans celle des gaz lorsqu'ils se dilatent. Et la conquête de la terre semble retenir la marche en avant de la civilisation, comme si la vie de la pensée devait s'affaiblir quand elle se concentre dans Tactiou/Les Romains donc, même à l'époque de leur plus grande puissance, ne possédèrent jamais la supériorité du savoir. Et lorsqu'ils désiraient faire des études supérieures, ils s'en allaient à Rhodes, ou en Grèce, comme les Américains d'aujourd'hui se rendent dans les universités d'Allemagne.
Pendant deux siècles, c'est-à-dire dès le commencement de leur histoire, les Américains refusèrent à la femme le droit de fréquenter les écoles supérieures (elles correspondent à nos lycées), et, pendant deux siècles aussi, ils ne la laissèrent pénétrer ni dans les collèges, ni dans les universités.
A Boston, qui cependant est la ville la plus méritante au point de vue de l'éducation, si bien qu'on Ta nommée l'Athènes de l'Amérique; Boston, au début du xix* siècle n'avait pas encore permis aux femmes de dépasser la grammar school, ou comme nous dirions, le gymnase.
1. Thomar W. Higginson : Uiatovy of Lhe United Seules^ p. 118.
Le collège d'Oberlin, à Cléveland, dans TOhio, fut le premier qui leur ouvrit ses portes, et cela n'arriva que dans le second quart du xix* siècle.
En m'occupant de Téducation de la femme en Amérique, il m'est apparu d'une façon évidente qu'on n'y avait jamais été enthousiasmé par le féminisme. De fait les femmes ne furent admises, que ces dernières années, dans les Universités de l'Etat; et elles sont encore exclues maintenant de la plus grande partie des Universités privées. En aucun pays, les partis qui combattent l'émancipation de la femme ne sont mieux organisés et ne parlent d'une voix plus tonitruante.
Mais en dépit de tous ces obstacles, en aucun lieu du monde l'éducation de la femme n'a progressé plus rapidement qu'aux Etats-Unis. Les causes qui ont fait grandir la femme dans ce pays plus que dans le nôtre, sont très complexes; elles ont agi fatalement, sans dessein préconçu, et par conséquent d'une façon absolument opposée à celle adoptée actuellement par le féminisme qui agite l'opinion autant qu'il le peut.
La lecture du Report of the conimissionner of éducation me causa de grandes surprises. C'est l'œuvre la plus remarquable que je connaisse au point de vue de l'histoire statistique des institutions scolaires. J'emprunte quelques chiffres à ces volumes. De toutes les langues étrangères, la plus étudiée en Amérique est la langue latine. En établissant le total des heures consacrées à l'étude des langues dans les écoles publiques et dans les écoles privées, et en prenant une moyenne pour cent, on arrive aux résultats suivants :