‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 121 sur 200 · Plutarque : Romulus · texte numérisé non relu

Plutarque : Romulus

Les conquêtes de cette môme Italie et les peines qu'ils durent prendre pour la défricher entraînèrent comme conséquence une régression dans la politesse des mœurs. Lorsque les Latins installèrent YUrbs sur les collines duLatium, la civilisation étrusque brillait au Nord, et la civilisation grecque au midi de leur cité. Les Romains conquirent l'Italie, ils ne purent la civiliser. Ils imprimèrent, il est vrai, une impulsion nouvelle aux conditions économiques qu'ils firent progresser. A Tœuvre de la victoire armée, ils firent succéder, ainsi qu'une alluvion bienfaisante, l'œuvre de leur agriculture.

Plutarque nous raconte que Romulus et Rémus furent envoyés à Gabies pour y étudier les lettres ; et la tradition prétend que Pythagore fut le maître de Nuraa. Il est un fait singulier, c'est qu^à mesure que la puissance romaine s'élevait, la gloire des civilisations grecque, étrusque et italîote se ternissait. Les écoles célèbres de Tarente, de Thurium et de Rhégium tombèrent en décadence. Il semble que l'action inhumaine d'avoir dissocié l'Italie, et que la poursuite de guerres continuelles dans le but de subjuger des peuples plus civilisés qu'eux-mêmes ramenait les Romains vers la barbarie. Un fait semblable s'est produit en Amérique. Les premiers Anglais qui débarquèrent dans ce pays étaient très policés, ils possédaient une culture supérieure ; et ils devinrent bientôt des rustres. Un gouverneur de l'Etat de Virginie écrivait en 1671 : « Grâce à Dieu, il n'y a ici ni écoles libres, ni imprimerie, et j'espère bien qu'on n'en verra aucune avant cent ans. » Un autre gouverneur publiait un arrêté qui prohibait absolument l'art de l'imprimerie, et pour empêcher Tins-

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