‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 25 sur 200 · INFLUENCES DE LA GRÈGE · texte numérisé non relu

INFLUENCES DE LA GRÈGE

grecque était près de s'éteindre, quand la vie intellectuelle agonisait sur la terre hellénique et que l'éducation physique tendait de plus en plus vers l'athlétisme. Et le grand orateur Tatin exprime le sentiment orgueilleux, sans doute, mais non pas absolument injuste de ses compatriotes, quand il écrit : « J'ai toujours été d'avis que nos ancêtres se montrèrent plus sages que les Grecs dans les choses qu'ils découvrirent par eux-mêmes, et qu'ils portèrent à une plus haute perfection celles qu'ils acceptèrent d'eux. »

Néanmoins, même aux temps de la République, l'hellénisme exerça sur les habitudes romaines une action profonde. Soixante-douze ans avant le Christ, le romain Gains fut vainqueur à la course de fond aux jeux olympiques. Déjà avant Pausanias, un sénateur romain avait obtenu une couronne à Olympie S et nous savons que d'autres citoyens de Rome se rendirent en Grèce, non seulement pour étudier la gymnastique, mais aussi pour prendre part aux concours et aux jeux internationaux qui se tenaient près du temple de Zeus. Pour se rendre agréable à Cléopâtre, Antoine dirigea lui-même, en qualité de gymnasiarque^ des jeux gymniques à Alexandrie. Quant à Néron, au dire de Suétone, il était passionné pour les jeux. Il s'exerçait constamment à la lutte ; on le voyait au Stade, assis par terre comme les juges, et lorsque dans la chaleur du combat, les athlètes s'éloignaient trop du terrain à eux assigné, il courait lui-même les arrêter, et les ramenait au lieu prescrit. Mais ici, nous notons des exceptions. L'hellénisme fut une

1. Krause : Die Gymna^tik und Agonistik der Hellenen, Leipzig, 1841. p. 803.

mode, un engouement que les riches seuls connurent. Il ne fut jamais donné au peuple romain de Tapprécier.

Le père de famille s'occupait de l'instruction de son fils jusqu'à ce qu'il eût accompli sa dix-septième année. A cet âge, le jeune Romain déposait devant Tautel des lares domestiques les insignia pueritiœ^ revêtait la robe virile, et faisait une année de tirocinium militias, duquel Cicéron a dit : ut exercitatione hidoque campestri tunicati uteremur. Il fut donc admis chez les Romains qu'à dix-huit ans l'organisme d'un jeune homme était développé d'une façon suffisante. A Rome, la guerre était un métier, et le continuel maniement des armes aguerrissait les soldats. Mais ce fut une erreur de croire que nous devions imiter les Romains en donnant une éducation militaire technique à la jeunesse. 11 suffit de préparer des conscrits vigoureux, des hommes résistants à la marche, et qui arrivent robustes sous les drapeaux. Car, nous ne devons pas l'oublier, la civilisation moderne possède une orientation bien différente de celle des anciens. En écrivant sa Politique^ Aristote avait déjà montré que les peuples peuvent se proposer des fins différentes, lorsqu'il déclare que : « L'éducation chez les Lacédémoniens fut grossière, parce qu'ils tendaient non pas vers la civilisation, mais vers la domination, vers la victoire, de môme que certains États préfèrent la richesse à la culture intellectuelle. » Leurs éphèbes effectuaient des courses militaires dans l'Ile de Salamine, y exécutant des manœuvres, y offrant des sacrifices, ainsi qu'il ressort de

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