ADOLESCENTS AUX FÊTES D'ATHÈNES
nombreuses inscriptions. Cet usage se conserva longtemps; et alors même que Sparte était tombée sous la domination romaine, on y invoquait encore Tantique discipline de Lycurgue, et la coutume d'endurcir la jeunesse par les exercices gymniques et guerriers de Téphébie^
Pendant les fêles, à Athènes, c'étaient les plus beaux parmi les adolescents qui préparaient les sacrifices, et les gymnasiarques prenaient la tête du cortège pour monter au temple, lorsqu'on y célébrait la mémoire des grands hommes. Héliodore nous conte le cérémonial adopté pour les hécatombes. Les cent bœufs, poils noirs et cornes dorées, marchaient les premiers dans la procession, conduits par des hommes aux torses nus qui portaient en main une hache luisante. Puis succédait la troupe des petits animaux destinés aux sacrifices et parés de guirlandes de fleurs. Divisées en deux chœurs, les jeunes filles venaient ensuite, portant sur leurs têtes des provendes de toutes sortes, des corbeilles de fleurs, de gâteaux et de fruits, chantant des hymnes. Et le rythme harmonieux des odes, le parfum des fleurs, les vêtements aux longues draperies, les tresses souples et la beauté des adolescentes dont les voix se répondaient entre elles, enthousiasmaient la foule qui se pressait dans les rues. Enfin, salués par des acclamations populaires, cinquante éphèbes vêtus de la chlamyde blanche ourlée d'azur, et caracolant sur de fougueux coursiers de Thessalie, fermaient la marche du cortège. Et si le peuple les acclamait ainsi, c'est qu'ils étaient les plus agiles et les plus vigoureux parmi les jeunes hommes de la cité ; c'est que l'épanouissement de leur beauté orgueilleuse leur paraissait un triomphe qui ennoblissait l'humanité.
Parmi les institutions nées de la gymnastique et de Tagonistique grecque, celle qui regardait les éphèbes est la mieux faite pour revivre à notre époque ; il s'agirait seulement de l'adapter aux conditions nouvelles de notre milieu social qui a transformé les coutunaiBs. La loi devrait appeler les jeunes gens de nos écoles à faire leurs preuves pour l'éducation physique. Et en ce qui regarde le service militaire, TEtat pourrait réserver des avantages aux adolescents qui passeraient un sérieux examen de gymnastique, et montreraient qu'ils excellent à la course, à l'exercice des armes, à tous les jeux enfin.
La dégénérescence des mœurs entraîna la chute de la République romaine. Lorsqu'on fut las des guerres civiles où ne combattaient plus, comme autrefois, les armées de la République, mais celles de tel ou tel ambitieux, de tel ou tel rebelle, lorsque Brutus et Cassius furent morts, Pompée défait, et tous les autres réduits à l'impuissance, Auguste s'empara du pouvoir suprême, avec le titre d'empereur, et représenta à lui seul le Sénat, les magistrats et les lois.
Mais à peine au pouvoir, il s'efforça de réformer les coutumes du peuple. Il suffit de rappeler quelques-unes de ses ordonnances pour qu'apparaisse sa volonté de remettre en honneur les bonnes mœurs. Outre la « Lex Julia de* adulleriis et pudicitia » il établit une loi sur les mariages par laquelle les gens mariés étaient déclarés seuls aptes à hériter, et encore leur mariage restant infécond, ne pouvaient-ils recueillir que la moitié des héritages qui leur