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LA MARCHE DU SOLDAT

les laboratoires des universités de Berlin donnent un exemple que notre gouvernement ferait bien d'imiter. Nous sommes, à cet égard, inférieurs même à la France. Quand les terribles jours de défaite se levèrent pour elle, les Français durent se convaincre que l'éducation de leurs soldats était incomplète. Les Allemands, en efTet, résistaient mieux qu'eux à la fatigue, marchaient mieux qu'eux ! La catastrophe finale de Sedan représentera dans l'histoire le triomphe des jambes allemandes ; elle prouvera que marcher longtemps et vite est la condition indispensable pour obtenir la victoire.

De tous les exercices physiques, le plus agréable, le plus simple et le plus facile est la course. Elle peut être pratiquée à tout âge et par les deux sexes. Des vallées étroites, le penchant d'une colline servaient d'amphithéâtre aux spectateurs chez les anciens. On connaissait en Grèce la course simple, nommée stade ' (o-xaSiov) d'après le stade lui-même dont la longueur était de mille pieds ; la course double (SiauXoç), pendant laquelle on parcourait deux fois le stade, et enfin la course de fond. Tous les stades ne mesurant pas la même longueur, on ne peut établir avec précision celle de ces différentes courses. Pourtant le stade comptait généralement 1 92 mètres, la course double était donc de 384 mètres . Quant au dolichos^ sa longueur variait : elle comportait sept, douze, parfois même vingt stades.

A Rome, le circo aç/onale^ ou la place Navone, comme l'appelle actuellement le peuple italien, conserve exactement

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son antique forme. Sur ce stade, construit par Domitien, les jeunes filles mêmes fournissaient des courses, au dire de Suétone : in stadio vero cursu etiam virgines *.

Mais parcourir, même vingt fois, la périphérie du cirque agonah serait peu de chose dans une course de fond, si Ton ne tenait compte de la vitesse; de plus, une couche de sable couvrant le stade, les pieds y enfonçaient et les coureurs se fatiguaient beaucoup plus vite.

Aux fêles de Junon, seize jeunes filles dirigeaient les .jeux féminins et les luttes à la course, groupant les concurrentes suivant leur âge. Les plus jeunes se mesuraient d'abord ; leurs aînées couraient ensuite ; enfin, venaient les plus âgées. En cette circonstance, on diminuait d'un sixième, la longueur du stade.

La course excitait une telle passion à Athènes que, pour en prolonger le spectacle, les Athéniens inventèrent la course aux flambeaux. Les jeux olympiques s'ouvraient par des courses à pied ; et les coureurs étaient parmi tous les gymnastes ceux que Ton estimait le plus dans les palestres. Quant aux olympiades qui servaient aux Grecs à mesurer le temps, chacune d'elles rappelait à l'histoire le nom du vainqueur aux grands jeux, et ce nom était précisément celui du gymnaste qui avait remporté le prix de la course.

La course en armes qui se pratiquait tout simplement avec le bouclier fut en grande vogue. Cette passion des

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