‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 36 sur 200 · CRITIQUE DE LA GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE LA GYMNASTIQUE

Les conditions politiques, la nouveauté de l'importation et les qualités personnelles d'Obermann donnèrent en Italie un essort nouveau à cet art.

L'enthousiasme patriotique suscité par les guerres étant éteint, et Tépopée du relèvement italien étant close, la gymnastique allemande eut bientôt achevé de parcourir en Italie le cycle dont, en Allemagne, elle avait déjà fait le tour. Quoique jeune, notre peuple n'était pas fait pour conserver la vie à cette plante, ni notre ciel pour la ranimer. Elle poussa péniblement, et ses fleurs se flétrirent, sous un climat trop ardent, sans donner les fruits qu'on en avait attendu. Même dans ceux de mes écrits où ma critique a été la plus sévère au point de vue physiologique, je n'ai jamais prétendu qu'il fallait mettre absolument de côté la gymnastique allemande. Certes, il est mieux de s'exercer en plein air, mais pendant une grande partie de l'année, l'état du ciel ou du terrain ne permettent pas de profiter des champs de jeu. J'ai combattu, il est vrai, les grands appareils de cette gymnastique, c'est-à-dire les barres fixes, les barres parallèles, les anneaux et le chevalet, mais c'est parce que je suis persuadé qu'ils empêchent l'éducation physique de se répandre dans les écoles. Nous devons renoncer à ces exercices trop violents et cela pour des raisons physiologiques et aussi parce qulls sont devenus la spécialité de ceux qui font de la gymnastique un métier et la donnent en spectacle.

La gymnastique porte en elle un germe fatal, l'athlétisme. Les Grecs avaient su le maintenir dans de justes limites ; nous sommes, nous, incapables de le refréner, parce qu'à notre époque la culture du peuple est plus faible et le désir

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de faire de la gymnastique moins répandu. Tout le problème réside en ce juste milieu : rendre robustes les jeunes gens faibles, et empêcher les forts de tomber dans Tathlélisme.

Lorsqu*un peuple possède une éducation militaire intense, le préjudice que lui cause le manque d'éducation physique est moins appréciable. L'Allemagne remédia aux imperfections de sa gymnastique par le moyen d'un exercice des jambes très fatigant et que les soldats des autres nations ne pratiquent point.

Le pas de parade (Paradeschritt) que beaucoup jugent ridicule, est, au contraire, pour le physiologiste, Tun des meilleurs exercices connus pour fortifier les jambes. Ce pas provoque une telle action des muscles du pied, alors que celui-ci s'élève et s'abaisse, qu'il ne peut être fourni longtemps ; aussi les soldats ne marchent-ils au pas de parade que sur la place d'armes ou pendant qu'ils défilent. Nos officiers ont négligé, je le crains, la technique des marches, et les méthodes propres à accroître la résistance des jambes chez les soldats.

De tous les peuples de l'Europe, les Italiens sont malheureusement celui qui a les jambes les plus courtes. Il serait donc utile d'introduire dans nos armées, en tant qu'exercice, du moins, le pas de parade des Allemands. Mais l'empirisme seul, ne peut trancher des questions si graves. Elles ouvrent un vaste champ d'études que, dans un avenir prochain, des physiologistes et des techniciens devront défricher, afin d'atteindre ensemble au but désiré. En Allemagne, le ministre de la guerre a fait imprimer un livre très recommandable du professeur Zunlz qui traite de la physiologie de la marche. Et les travaux accomplis dans

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