CHAPITRE IV
Le problème intégral de réducation, y compris la liberté de renseignement, le monopole de l'Etat et les diverses tendances qui sollicitaient l'éducation physique, fut débattu dans Tantiquité. Si nous voulons nous en convaijicre^ souvenons-nous que, dans cette petite péninsule qui fut la Grèce, il exista deux méthodes d'éducation absolument opposées, celle de Sparte et celle d'Athènes.
En matière d'éducation physique, le peuple grec nous apprend quel rôle doit incomber à TÉtat et quel rôle doit être assumé par les citoyens. La loi fixait les heures pendant lesquelles, suivant les saisons, on devait ouvrir ou fermer les palestres. La direction des exercices y était confiée à des officiers publics ; et cependant, les palestres n'appartenaient point à TÉtat. Des citoyens riches dotaient en général leur ville de ces institutions, et ils donnaient leur nom aux édifices où elles fonctionnaient. Lorsque, par hasard, les cités construisaient les palestres et les gymnases de leurs deniers, elles n'en abandonnaient pas moins la direction à des associations particulières, mais toujours sous la surveillance de certains magistrats.
Les Grecs confièrent le soin de Tédiication à TÉtat, les Romains à la famille. Cette dissemblance existe encore aujourd'hui entre l'Europe continentale d'une part, et TAngleterre et TAmérique d'autre part, La tendance qui donne à TÉtat un rôle prépondérant en matière d'instruction, domine dans la première. Par contre, dès 1839, Macaulay déplorait qu'on laissât en Angleterre une si grande autonomie aux particuliers dans la conduite de l'éducation nationale *.
Et nous apprenons par de récentes enquêtes que l'État ne se désintéressera plus à l'avenir de la façon dont s'y dispense le savoir. Le nouvel éducation bill a provoqué un examen approfondi du problème éducatif dans l'empire britannique. Les études poursuivies à propos de ce bill sont pour nous d'une importance capitale. Elles nous apprennent à quel point ^instruction du peuple anglais dépasse la nôtre. Et toutes ces études s'accordent à déclarer : Que l'éducation anglaise ne correspond pas suffisamment aux fins pratiques de la vie ; que les luttes de demain s'exerceront sur le terrain commercial et industriel , que les nations les moins instruites deviendront fatalement les serves des peuples supérieurs, et seront condamnées aux besognes industrielles les plus humbles et les moins rémunératrices ; enfin que les peuples au génie le plus inventif prendront le premier rang.
Au cours de la discussion de cette loi, le système éducatif actuel a suscité de nombreuses critiques. On a déclaré entre autres choses que les édifices scolaires étaient trop