ENQUÊTES ANGLAISES
vieux; qu'on faisait travailler les enfants trop jeunes diaprés des programmes trop chargés; que le matériel scolaire ne répondait plus aux exigences modernes, et qu'il importait, si Ton ne voulait pas exposer l'Angleterre à de tristes mécomptes, de donner sans retard au peuple plus d'habileté technique, e[ une entente commerciale supérieure.
Le fait est que l'industrie anglaise est en décadence à cause du peu d'instruction des industriels et des ouvriers. Aussi nous allons assister à une lutte sérieuse entre elle et les États-Unis d'Amérique.
Pendant qiie je visitais une importante usine de New- York, son directeur me dit : « L'instruction spéciale, les jeunes gens l'acquièrent très rapidement dans nos ateliers; mais s'ils ne sont pas assez instruits, si leur entendement n'est pas assez ouvert pour comprendre la vie moderne dans son intensité, peu leur sert d'avoir acquis l'habileté manuelle et d'être bons ouvriers. Si nous les voulons plus capables et meilleurs producteurs, les ouvriers devront s'élever jusqu'à l'enseignement secondaire. »
J'entendais ces raisonnements pour la première fois et ils ne furent pas sans m'étonner. Chez nous, en effet, on aurait peine à se figurer que les écoles secondaires soient le fait de qui veut s'appliquer aux métiers manuels ou à l'industrie.
La culture d'un peuple se mesure à son budget de l'ins- Iructibn publique. Mais, comme ici, l'effet devient cause de
Mosso. C
progrès, on peut avancer aussi que la culture d'un peuple croît dans les mêmes proportions que ce budget.
Quoique le nombre de ses habitants soit pe]i supérieur à celui des sujets italiens, TAUemagne dépense six fois plus que nous pour les établissements scolaires. Dans notre budget de rinstruction publique, au chapitre intitulé: Subsides et dépenses afférentes à renseignement de la gymnastique, dix-sept mille francs sont inscrits, dont cinq accordés à la Federazione ginnastica^ et six dépensés en bourses d'études pour attirer dés élèves à l'école normale de Rome. Il reste donc six mille livres seulement pour faire face aux dépenses extraordinaires qu'entraîne la gymnastique dans tout le royaume, y compris les cours destinés aux maîtres, les congrès, les subsides réclamés pour les palestres, les publications spéciales, etc., etc.
L'histoire contemporaine, en France, offre le plus merveilleux exemple de vitalité qu'ait jamais donné un peuple. La rapidité avec laquelle elle s'est ressaisie après la catastrophe de Sedan ; Télan qui l'emporta vers la réforme de ses institutions, et les causes qui vinrent entraver la réalisation des espérances qu'elle avait conçues, sont dignes d'études. Les noms de plusieurs de ses ministres de l'Instruction publique méritent les honneurs de l'histoire. Parmi ceux-ci, je rappellerai le physiologiste Paul Bert, Victor Duruy, Jules Simon enfin, qui, en 1872 adressait aux recteurs de l'Université et aux directeurs des institutions scolaires une circulaire dans laquelle il s'écriait.:
« L'éducation physique est encore à créer en France, et je vous supplie de m'y aider. Je lirai, moi-même, les rfeipports de tous les proviseurs, et je préférerai cette