CHAPITRE PREMIER
ORIGINES DE L^AGONISTIQUE ET DE LA GYMiNASTIQUE
Except the blind forces of nature nothing moves in this world which is not greek in its origin.
Sir Henrt Sumver Maine
(Les forces aveugles de la nature exceptées, tout ce qui s'agite en ce monde est grec par son origine.)
L'éducation physique est plus ancienne que Thistoire, aussi le peuple grec en a-t-il reporté les origines aux temps préhistoriques. Lorsqu'il entreprit de parcourir la terre po^r tirer les hommes de la barbarie, Apollon, dieu de la médecine et des arts, type idéal de la beauté masculine, institua les jeux pythiques. Et les fables de Tantiquité nous conservent les noms des héros qui remportèrent le prix dans le premier concours qu'il réglementa. Castor mérita la couronne décernée à la rapidité de la course ; "PoUdeus vainquit au pugilat, Kalaïs à la course en armes, Pelée au lancement du disque, Télamon à la lutte, Hercule, enfin, au pancrace, le plus difficile de tous les jeux, et qui
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comprenait à la fois la lutte et le pugilat. Les jeux olympiques sont nés de ces exercices. La musique et les hymnes en Thonneur d'Apollon ont précédé les luttes autour du vieux temple de Toracle de Delphes. Les Grecs se rassemblaient à Tombre des cyprès et des platanes, sur les rivages de la mer, dans des vallées fécondes eh fruits; les Muses, les Grâces les y charmaient par la poésie et les arts naissants, et, durant des siècles, la religion de la beauté demeura florissante.
Mais les fêtes des Grecs n'étaient pas un simple divertissement ; elles furent encore une institution qui devait servir^ à l'éducation de la jeunesse. Plutarque nous en fournit la preuve en nous racontant qu'à Olympie les enfants se livraient d'abord, entre eux, aux exercices que les adultes devaient exécuter les jours suivants.
Le respect, Tamour de la jeunesse fut la caractéristique du peuple hellène. Les Spartiates eux-mêmes, si rigides, si durs en matière d'éducation, avaient cependant leurs fêtes de la beauté, les Gymiiopédies^ oîi les jeux gymniques s'alliaient à la musique et aux chœurs de chant. Et qui eût contemplé les Ioniens, tandis qu'ils fêtaient Apollon par des jeux, « eût pu croire, nous dit Hérodote, que ces hommes étaient des immortels et vivaient dans un éternel printemps de beauté junôvile. »
Deux missions archéologiques, l'une anglaise lautre italienne, viennent d'exécuter récemment des fouilles dans l'île de Crète. Ces fouilles ont découvert des monuments