‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 7 sur 200 · LA GRÈGE PRÉHISTORIQUE · texte numérisé non relu

LA GRÈGE PRÉHISTORIQUE

qui nous apprennent ce que fut la culture préhellénique douze ou quatorze siècles avant l'ère vulgaire. A Cnossos, elles ont fait surgir les ruines du labyrinthe de Minos où prit naissance la légende d'Ariane, et, en outre, une bibliothèque formée de briques d'argile. Celles-ci portent une écriture composée de caractères antérieurs à l'alphabet grec qui sont restés jusqu'à cette heure indéchiffrables ; mais, un jour, sans doute, elles nous révéleront Thistoire des peuples méditerranéens antérieurs à l'époque mycénienne. Entre antres curiosités Cretoises, M. Arthur Evans nous décrit* des cours ornées de portiques et de logges semblables à ceux de nos palais cinqiiecentistes^ et une école qui possède encore ses bancs de gypse. Cette école doit être, sans contredit, la plus ancienne connue. Pénétrant dans les siècles bien au delà des jours de My cènes, le regard émerveillé aperçoit une civilisation très supérieure à celle que nous pouvions soupçonner. Le soleil a revu les murs de la demeure royale où Thésée tua le Minotaure, et dont il s'échappa, le fil d'Ariane entre les mains, emmenant à sa suite la jeune amoureuse et les enfants d'Athènes qu'on y retenait prisonniers. Une découverte intéressante pour l'éducation physique vient aussi d'être faite à Cnossos. Ce sont des fresques représentant des jeunes filles qui combattent contre un taureau furieux. Grâce à Plutarque, nous savions déjà que le roi de Crète, Minos, avait institué des jeux gj^mniques auxquels les jeunes filles prenaient part. Plus de douze cents ans avant le Christ, vivait donc, dans cette île, un peuple amoureux du luxe et des jeux ; et comme il arrive encore

1- Arthur J. Evans : « Archœology in Greece, 1900-1901 », The Journal of Hellenic Studies. Vol. XXI, p. 334.

en Espagne, les femmes descendaient dans Tarène pour y combattre des taureaux. En ces fresques, les détails anatomiques sont si remarquables, nous dit M. Evans, qu'elles surpassent, pour Timitation de la nature, tout ce que Ton connaît de plus beau dans dans Tart préhellénique.

Un petit palais, voisin de celui de Minos et antérieur également à l'époque mycénienne, palais décrit par Frédéric Halbherr \ a donné des résultats non moins importants en ce qui concerne Thistoire de Téducation physique et de la médecine. Parmi d'autres objets, on y a découvert un vase de stéalite noire orné de reliefs, qui constitue Tune des trouvailles modernes les plus importantes. Par le fini du travail, il est supérieur à toutes les pièces que nous ont livrées les tombes de Mycènes. Vingt-sept figures d'hommes y forment une troupe qui semble rentrer d'un combat. Le capitaine la précède ; sa tête nue est ornée d'une longue et abondante chevelure. Son torse est protégé par une cuirasse à écailles. Les guerriers suivent, deux par deux, armés de hautes lances espèces de tridents à pointes très longues et visiblement flexibles. L'artiste a su mettre tant de vie et de mouvement dans les scènes variées qui se déroulent antour de ce vase, elles palpitent d'une telle vérité, qu'elles rappellent des représentations semblables — Homère nous les a décrites — illustrant les armes œuvrées au repoussé par les mains d'Ephœstos. Une foule de détails fournis par Homère nous semblaient inacceptables, parce qu'on igno-

1. Halbherr : Travaux archéologiques exécutés par la mission archéologique italienne dans VAgora de Gortyne. Compte rendu de l'Académie royale des Lincei, 1901, vol. X, p. 291. — Idem: Travaux exécutés par la mission archéologique italienne à Haghia Triada et dans la nécropole de P/iœstos. Comptes rendus de V Académie et des Lincei, 1902, vol. XI.

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