‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 94 sur 200 · INFÉRIORITÉ PHYSIQUE DES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

INFÉRIORITÉ PHYSIQUE DES ÉTUDIANTS

riches qui déclinent, et que cette dégénérescence de la classe dirigeante se produit en dépit de la nutrition meilleure qui est habituelle aux classes aisées. L'effet utile d'une nourriture plus abondante est donc détruit par Tinsuffisance du mouvement.

Le manque d'énergie de la classe qui possède trouve en partie son explication dans le défaut d'éducation physique dont elle souffre. Il est donc urgent d'apporter un remède à cette décadence dont rien, jusqu'à ce jour, n'est venu interrompre la marche. Aussi faudra-t-il flétrir Toisiveté, poursuivre, par tous les moyens possibles, la mollesse dans ses excès, et ne point s'arrêter tant que le mal ne sera pas extirpé. L'Université doit être considérée comme l'un des facteurs de la richesse nationale; il faut infuser en elle une vie plus active, une vie supérieure; la moderniser et la faire marcher sur la voie triomphale où les nations se disputent aujourd'hui la souveraineté du monde. 11 n'y a pas à craindre que l'agonistique puisse lui nuire. Aux prises avec les difficultés assez dures à vaincre que présentent les exercices gymniques, au milieu des dangers que ceux-ci comportent malgré tout, les étudiants s'habitueront au courage et à l'activité. Ils y puiseront l'esprit d'initiative et de discipline, la confiance en soi et la vigueur, grâce auxquelles ils pourront assurer leur bonheur personnel et répondre plus heureusement aux exigences sociales du milieu dans lequel ils vivent. Car le progrès général chez un peuple n'est que la somme des progrès particuliers qui s'accomplissent moralement et physiquement dans chacun de ses citoyens.

Il est donc un devoir sacré, et c'est celui, pour tous ces

mêmes citoyens, de travailler ensemble à éliminer les facteurs nuisibles qui peuvent apporter le trouble dans l'éducation de la jeunesse ; de favoriser ensemble l'adaptation plus prochaine des pauvres aux nouvelles conditions sociales, à affaiblir enfin, pour les faire bientôt disparaître, toutes les causes qui débilitent la santé et l'organisme des riches. L'éducation physique est, en ce sens, une force sociale. Mais, pour agir sur l'ensemble des citoyens, il faut que l'exemple vienne d'en haut. Les étudiants, s'éprenant d'un idéal de sensations d'un ordre plus élevé que celui oîi ils se complaisent, devront être les premiers à donner l'exemple, d'une discipline plus sévère, d'une coopération volontaire au bien de l'Etat plus courageuse, car chacun de ces efforts, nous rapproche du type moderne- de perfection vers lequel tend la société. L'organisme humain, en sa développant mieux, en devenant plus résistant à la fatigue^ peut hâter l'évolution qui s'accomplit de notre temps.

L'amélioration des conditions sociales paraît devoir être assurée, parce que le progrès futur devant résulter d'un développement plus complet de Tintelligence collective, il amènera le perfectionnement de l'éducation physique. Le bien du peuple dépend de la bonne coordination des forces physiques et des forces morales, et l'université doit devenir le centre de cette coordination.

Arthur Balfour, aujourd'hui premier ministre d'Angleterre, et qui a écrit un livre de profond penseur sur : La défense du doute philosophique^ fut autrefois chancelier de l'Université d'Edimbourg. En cette qualité, il fut requis de prononcer un discours à l'occasion d'une fête organisée pour recueillir les fonds nécessaires à la création d'un champ de

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