LES HEBREUX
la philosophie du peuple d'Israël jouèrent le rôle de ferment. Les habitants de la Palestine, dont l'influence civilisatrice agit si profondément sur l'humanité, furent, dans le principe, une horde vagabonde d'Arabes qui, venue du désert, s arrêta entre l'Egypte et la Syrie. Pasteurs errants, ils vécurent au cours de longs siècles sous la tente^ sans fonder une cité. Peupleinconstantet superstitieux, ilsnepossédaientqu' un seul avantage sur les autres nations orientales; ils concevaient un Dieu distinct de l'univers, et auquel la nature obéissait. Cette idée nationale de Dieu fut la force du peuple Israélite. Mais les tribus se combattaient entre elles et souffraient que leurs frères fussent opprimés. Du reste, les Hébreux ne furent point une nation militaire, et, chez aucun peuple, Téducation physique ne fut plus négligée. Quand Saiil se prépara à lutter contre les Philistins, le peuple d'Israël n'était armé que de cognées, de socs de charrue et de tridents; à peine Saiil et son fils, Jonatas, possédaient-ils une lance et une épée^ Et, dans toute l'étendue des terres Israélites, on n'aurait pu trouver un seul forgeron capable de fabriquer une arme !
L'événement historique le plus important de la vie. des Hébreux fut leur longue captivité ; et ses poètes la chantèrent d'une voix si pénétrante que l'humanité tout entière vibre encore au souvenir de leurs malheurs et de leurs soupirs. Les héros sont inconnus chez le peuple d'Israël, et les points marquants, les points décisifs de son histoire nous apparaissent tout brodés d'événements miraculeux. Leurs héros en somme, furent les prophètes qui, semblables à des spectres,