INFLUENCE DU CHRISTIANISME
ceux qu'elle voulait écarter, il en fut ainsi du christianisme.
Les âmes les plus choisies se réfugièrent dans la solitude pour se soustraire à la corruption et expier les fautes d'autrui. Ce fut une époque de dissolution terrible : la contemplation ascétique, l'exaltation religieuse, le mépris de la vie devinrent si impérieux qu'ils menacèrent les conditions mêmes de l'existence sociale.
Après avoir extirpé l'idolâtrie, les moines conquirent la société et la dominèrent par le moyen de la science et de la protection du faible, par une vie austère, par l'activité. Ce furent les moines qui, au moyen âge, répandirent la civilisation dans des contrées où n'étaient point parvenues les aigles romaines. La science fut enfermée dans les cloîtres durant un millénaire, et tout ce que les Grecs avaient réalisé pour Texaltation physique de l'homme, demeura enseveli sous les voûtes des monastères, oublié au milieu de l'ascension de plus en plus intense de la vie intérieure.
Sur le forum romain, près de l'arc de triomphe de Septime Sévère, on aperçoit deux grands bas-reliefs. Dans le premier, l'empereur ïrajan, debout à la tribune, harangue la foule qui réclame la diminution des impôts. A ses côtés, se dresse une femme qui tient un enfant dans les bras. Elle représente l'alimentation dans les écoles^ et l'enfant personnifie les joi/e/'i et pueliœ alimentariœ. Le second bas-relief, tout proche, nous montre des hommes accumulant des registres à terre, et sur ces registres, prétend- on, étaient inscrites les
exemptions gracieuses de paiement des impôts. Ces scènes se sont passées tout auprès de la tribune rostrale, dans le lieu même où nous les voyons représentées aujourd'hui ; et, au fond des bas-reliefs, ont été gravés les monuments du forum dont nous n'admirons plus à l'heure actuelle que les rudiments.
Les grands problèmes agitateurs de Thumanité apparaissent toujours les mêmes dans Téloignement des siècles, bien qu'ils se présentent sous des aspects différents. Des bas-reliefs de Trajan, c'est l'âme du socialisme moderne qui s'exhale : faire croître les largesses de l'Etat ; diminuer les impôts.
Sous le nom (ï instruction intégrale, les socialistes conçoivent une éducation intellectuelle complète, jointe à une complète éducation du corps. Il faudra que l'évolution sociale marche du même pas que l'éducation psychique, pour que ce rêve devienne une réalité.
Lorsque nous disons d'un problème, qu'il est social, beaucoup de personnes ne le considèrent que du côté économique. Cependant, il est d'autres questions non moins importantes et qui intéressent tout autant ce problème ardu de l'évolution de la société que la question ouvrière, la question des salariés ! L'éducation physique compte parmi celles-là. L'évolution qui va s'accomplissant, à cette heure, dans la société, et qui y modifie les conditions économiques et le sentiment religieux, exerce et exercera surtout une influence profonde sur l'éducation. Le programme des partis populaires qui entend donner à l'Etat le rôle de dispensateur de l'éducation physique, intellectuelle et morale visà-vis de l'universalité des citoyens, fera sentir ses effets,