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que possible ; pour le second, au contraire, il faudrait que la fosse soit creusée très superficiellement. La profondeur de 1 m. 50 à 2 m. adoptée par la plupart des états remplit ces conditions. Selon Pettenkofer la profondeur de 1 m. 20 est déjà suffisante dans un sol bien perméable.
Le terrain dans lequel on inhume es cadavres se sature assez vite. Dans le cimetière de Père- Lachaise à Paris, on avait inhumé des cadavres les uns à côté des autres à 1 m. 5 de profondeur: Après 5 ans on les exhuma et on ne retrouva plus que des squelettes. On fit de nouvelles imhumations et on retrouva à l’exhumation une saponification partielle ; la troisième fois les corps étaient complètement saponifiés {Wernher).
Au point de vue hygiénique, on impute aux
cimetières deux sortes de dangers : le transport
par l’air de gaz méphitiques ou de germes pathogènes et la souillure des eaux qui les ont traversés.
Selon P. Brouardel et du Mesnil, 1l résulte des expériences faites par Schützenberger au cimetière Montparnasse dans des conditions de température variant de 100à 30° à la surface de la terre et dans des profondeurs variant de 40 à 80 em. au-dessus de fosses anciennes et récentes, que les cadavres enterrés dans un sol perméable à une profondeur de ! m.50 disparaissent en moins de D ans sans laisser arriver à la surface du sol ou même à la profondeur de 40 à 80 cm. aucun gaz putride ayant une influence nuisible sur la santé publique.
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D'autre part, Miquel, cité par les mêmes auteurs, fait remarquer que l’air du cimetière Montparnasse ne renferme pas plus de spores en suspension que celui du parc de Montsouris, que quand 1l fait beau et see l’air du cimetière est plus pauvre en bactéries que l’air en mouvement dans les rues de Paris et que parmi les espèces bactériennes trouvées dans le cimetière et in- Jectées en grand nombre dans l’appareil cireulatoire des animaux, aucune n’a LIEU de désordres pathologiques.
Il n’y a donc rien à craindre du côté de l'air lorsque les cimetières sont bien aménagés. Le seul danger qui existe, est pour le fossoyeur qui ouvre une fosse dans laquelle est inhumé un cadavre infectieux contenant encore des germes pathogènes qui peuvent être véhiculés par l’air et l’atteimdre.
On ne peut pas nier qu'il existe une odeur caractéristique des cimetières. Fleck, à la suite de ses expériences dans les cimetières de Dresde, a établi les conclusions suivantes : L’odeur des cimeüières est plus intense dans les terrains limoneux et sablonneux que dans les terrains graveleux facilement perméables. Dans un cimetière neuf, elle n'existe pas ; elle n'apparaît que lorsqu'on remue le terrain pour de nouvelles inhumations. Elle est donc provoquée par des particules de matière organique non encore décomposée et qui entrent en putréfaction dès qu’elles viennent en contact avec l’air. L'air des cimetières peut être
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désagréable à respirer, mais ne peut pas provoquer de maladies. |
Le danger qui préoccupe surtout les hygiénistes est l'entraînement des produits de décomposition et des germes pathogènes par la nappe d’eau souterrane, lorsque celle-ci sert à l’alimentation des puits destinés aux usages domestiques. Ce danger n'existe que dans la direction de la nappe d’eau, c’est-à-dire pour les puits situés en aval du cimetière. Il est très diminué lorsque cette eau chemine à travers des sables et graviers qui constituent un très bon filtre. C’est ainsi que, selon Flocken, le puits très profond situé à l’entrée du cimetière Saint-Urbain, donne une bonne eau potable.
Fleck a montré que l’eau des cimetières de Dresde n’est pas sensiblement différente de celle des autres puits de la ville ; elle ne contient pas plus d’ammoniaque, de chlore, de matières organiques ; elle est même souvent plus pure.
L'examen chimique et bactériologique des eaux de drainage et des puits du cimetière de Hambourg où, en 1903, étaient inhumés 260.000 cadavres (Matthes) à montré qu’elles n'étaient pas souillées, que bien souvent elles étaient plus propres que celles des autres puits de l'endroit. Elles étaient tout au plus un peu plus chargées en nitrates.
Selon du Mesnil les expériences de Carnot sur les échantillons d’eau puisée dans les différents . puits des cimetières de Paris, ont montré que ces
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eaux renfermaient beaucoup de sels minéraux (carbonate et sulfate de chaux), mais qu’elles ne renfermaient que des traces de matière organique, peu d’ammoniaque et de sels ammoniacaux.
Avant que les eaux de la Ville soient amenées dans les cimetières, les ouvriers des cimetières et les visiteurs se servaient de l’eau de ces puits et n'ont jamais été incommodés.
Donc dans les cimetières organisés conformément aux prescriptions du déeret de prairial, il n'y à pas grand danger à craindre.
Dans quelques cas exceptionnels, il peut y avoir un certain danger. Les roches fissurées qui laissent échapper du liquide non filtré, peuvent répandre au loin les matières putrides et les germes pathogènes. Abel cite le cas d’une épidémie de fièvre typhoïde chez des personnes qui se servaient de l’eau d’un puits alimenté par la nappe d’eau souterraine d’un cimetière voisin. Le niveau était très haut et trois semaines auparavant on avait inhumé le cadavre d’une personne morte de fièvre typhoïde.
Il y a également du danger lorsque les fosses et les puits sont creusés côte à côte dans un terrain grossièrement poreux et renfermant de l’eau, surtout lorsque au-dessous se trouve une couche d'argile imperméable qui fait que l’eau reste stagnante.
Dans ces cas les microorganismes qui prennent part à la décomposition peuvent être transmis à l’homme et produire des processus septiques.
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Dangereux sont surtout les germes pathogènes des maladies infectieuses, qui, d’après les recherches de Læsener, Yokote, Klein et Slatogoroff, peuvent être retrouvés vivants après un temps plus ou moins long dans les cadavres inhumés. Le bacille typhique rèste vivant pendant plusieurs semaines, il a encore été retrouvé après 96 jours, de même le vibrion cholérique ; le bacille tuberculeux à été retrouvé vivant après 4 mois et les spores charbonneux après un an. Leur propagation est empêchée au début par le cercueil qui est assez résistant. |
Les germes comme le tétanos qui vivent très longtemps en terre ont bien une certaine importance, mais à ce point de vue les cimetières ne sont pas plus dangereux que toute autre terre qui renferme de la matière organique.
Un bon cimetière au point de vue municipal et hygiénique est done un mauvais cimetière au pont de vue médico-légal, car si la matière organique est rapidement détruite, les constatations médico-légales ne seront possibles que pendant un court laps de temps. C’est aussi ce qui se produit lorsqu'on incinère les cadavres, c’est pourquoi la réglementation française ne permet l’incinération que lorsque la certitude de la mort et de ses causes a été établie par deux médecins : le médecin traitant et un médecin assermenté.
Par contre les bons cimetières médico-légaux, c'est-à-dire ceux qui conservent bien les cadavres, sont de mauvais cimetières au point de vue municipal.