LA SOURCE
De sa lèvre enfantine encore inapaisée
Les noirs cheveux touffus de son amant Thésée.
La petite Naïade est pensive. Elle rit.
Devant ses pieds d'ivoire un narcisse fleurit.
Oiseaux, ne chante:^ pas; taisez-vous, brises folles ,
Car elle est votre joie, ailes, brises, corolles,
Verdures! Le désert, épris de ses yeux bleus,
Écoute murmurer dans le roc sourcilleux
Son flot que frange à peine une légère écume.
Vaigle laisse tomber à ses pieds une plume
En ouvrant dans Véther son vol démesuré ;
L'alouette vient boire au bassin a\uré
Dont son aile timide agite la surface.
Quand la pourpre céleste à Vhori^^on s'efface.
Les étoiles des nuits silencieusement
Admirent dans le ciel son visage charmant
Qui rêve, et la montagne auguste est son aïeule.
Oh! ne la trouble:^ pas ! La solitude seule
Et le silence ami par son souffle adouci
Ont le droit de savoir pourquoi sourit aitisi
Blanche, oh! si blanche, avec ses rougeurs d'églantine.
Debout contre le roc, la Naïade argentine !
Avril 1861.