‹ Les ExilésChapitre 4 sur 65 · LE PANTIN DE LA PETITE JEANNE · texte numérisé non relu

LE PANTIN DE LA PETITE JEANNE

Et la douleur brûlait sa prunelle ingénue. Mais, après, elle était vite redevenue Charmante. Reposée après ce long effort, Elle semblait dormir tranquillement. La mort. Comme un bon statuaire, avec sa main fatale Avait rendu la grâce au doux visage pale, Et sur le petit front par le calme enchanté Comme un lys immobile avait mis la beauté.

Elle était belle ; mais qu'elle est plus belle encore

Aux deux! Elle est la vie en fleur qui vient d'éclorc.

Maintenant, maintenant, mère, je vous le dis,

Elle est là-haut, avec les saints du Paradis.

Elle est forte, elle peut marcher ; ses pieds sont lestes

Et s'' envolent, guidés par les harpes célestes.

Son front est plus riant qu^une perle d^Ophir.

Elle a de beaux pantins d'opale et de saphir,

Et triomphante, et rose, et libre de ses langes,

Elle joue en chantant sur les genoux des Anges.

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