AMÉ DINE LUTHER
Et des robes d'or, semant sa parole Pensive, ingénue et folle,
Et d^un pas léger grimpant le coteau Du vieux parc cher à Wattcau !
Et plus tard, tous ceux dont la Muse est reine, A Vheure où la nuit sereine
Sur le front des fleurs met ses diamants, Les rêveurs et les amants
Écoutant avec le souffle des brises
Pleurer mes strophes éprises.
Reverront son pur visage, arrosé,
Neige en fleur, dhin feu rosé.
Et toi, lueur vive aux reflets d^or pâle, O toison, flamme idéale
Qiii baignais de feu son col et ses bras, A jamais tu brilleras.
Clair rayonne7iient, chevelure d^Ève,
Par mes vers ; car en mon rêve
Amédinevit, ange au front doré !
Oh ! que de fois je croirai,
Cherchant ses regards qui versaient les charmes, Les voir à travers mes larmes!
1 5 août 1861.
L'ENAMOUREE
1/5 se disent, ma colombe, Qiie tu rêves, morte encore, Sous la pierre d'une tombe :
Mais, pour Vâme qui t'adore, Tu féveilles ranimée, O pensive bien-aimée !
Par les blanches nuits d'étoiles.
Dans la brise qui murmure.
Je caresse tes longs voiles, Ta mouvante chevelure.
Et tes ailes demi-closes Qui voltigent sur les roses!
lyO LES EXILES.
O délices ! je respire
Tes divines tresses blondes!
Ta voix pure, cette lyre,
Suit la vague sur les ondes.
Et, suave, les effleure,
Comme un cygne qui se pleure !
Octobre 1859.