‹ Les ExilésChapitre 47 sur 65 · AMÉDINE LUTHER. I · texte numérisé non relu

AMÉDINE LUTHER. I

Dans Vimmensité bleue aux sombres voiles Où frissonnent les étoiles!

Le lys est brisé. C'est fini. Plus rien Qit^un fantôme aérien

Dont les cheveux blonds aux mourantes flammes Caressent encor nos âmes.

Mais, va, jeune Grâce aux yeux si touchants! Tu renaîtras dans les chants

Des rimeurs plaintifs qui savent encore Éveiller le luth sonore.

Ils diront comment tu fus notre sœur Par l'enfantine douceur,

Et comment ta voix eut Vattrait magique D'une suave musique.

Amédine .' Aux champs tout la saluait, L'églantine et le bleuet!

Oh! rien qu'en disant ce nom d' Amédine, Je la revois, enfantine

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Et riante ; Vair baisait son bras nu, Son petit cœur ingénu

Dans la forêt verte, oii rit la pervenche, Soulevait sa robe blanche.

Elle était la joie, elle était Vorgueil De sa mère, que le deuil

Entoure à présent de crêpes funèbres !

Ah ! coule^ dans les ténèbres,

Pleurs désespérés, pleurs silencieux!

Quand les étoiles aux deux

Scintilleront, moi, j'évoquerai celle Dont le front pâle étincelle.

Elle 7-eviendra, mais, comme jadis, Jeune enfant pareille au lys,

Libre en sa Bretagne, errante et sans chaînes, Attentive au bruit des chênes ;

Ou, comédienne aux riches habits, Sous les éclairs des rubis

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