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LE FESTIN DES DIEUX

Par les fureurs cVEros , jaloux de nos autels, Qiii triompha d'unir à des hommes mortels Les déesses des deux à leur sang infidèles, Et de même dhinir à des femmes mortelles Les dieux, de qui naissaient alors , vivant remord , Des enfants beaux et fiers, mais sujets à la mort. Non! tu voulus aussi nous voir mourir nous-mêmes ! Car tu gémis sur tes destins, et tu blasphèmes Amèrement tes dieux, s''ils n^ont suivi tes pas Dans la nuit, et subi comme toi le trépas.

Donc , chassés par ta haine , et pour que tu nous pleures Dans ton cœur, nous avons fui nos belles demeures Pour V exil ; nous avons , loin de nos clairs palais , Subi V affreuse mort, puisque tu le voulais ! Et, nous ta vertu, nous ton délice et ta gloire, Emportés loin des deux jaloux par V aile noire De Vorage , fuyant dans la brume des soirs , Fantômes éperdus qu^en leurs longs désespoirs Suivaient sinistrement Vinsulte et les huées. Nous flottions , errants, dans le frisson des nuées Et des fleuves , dans les forêts et sur les monts Sourcilleux; les méchants nous appelaient démons . Et , frappés comme nous de ta haine si lourde ,

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Le ciel était aveugle et la terre était sourde.

Mais , sois béni! voici qu''en des âges plus doux

Les poètes nouveaux ont eu pitié de nous!

Tout est ressuscité dans Vaurore vermeille,

Et la sainte Louange avec nous se réveille.

Vois, le ciel est vivant, les astres sont vivants ;

Une ode ivre de joie éclate aux quatre vents.

Partout, dans le fat clair et sur l'âpre colline .

Brille, nue en sa' fleur, la beauté féminine ;

Les jleuves , tout emplis de rires ijtgénus,

Se soulèvent, charmés, sous les jeunes seins nus

(2u'on voit fuir et glisser vers les grottes obscures -,

Chevelures d'azur et vertes chevelures ,

Les ondes , les raincau.v fréniissott de plaisir.

Tu ris à l'univers que tu ras ressaisir!

Oui, c'est pour toi que les étoiles resplendissent ;

Devant tes yen x charmés des chœurs dansants bondissent

Tu revois dans Veau vive et dans l'air agité

Mille reflets divers de ta divinité,

Et tu n'es plus seul! dans nos palais grandioses

Eéchellc des héros et des apothéoses

Qui joint la terre au ciel pour tes yeux éclairci,

Se relève, sublime escalier d'or. Ai)isi

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