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LES LOUPS

Ce voyageur, portant Vinfini dans son âme, Au lieu d'ombre traînait à ses pieds une Jlammc.

De ce côté des bois, les chasseurs vont s''asseoir Dans un grand carrefour où, du matin au soir. Chantent pendant Pété de sonores fontaines. Un sentier surplombé par des roches hautaines Y conduit. VExilé soucieux le suivit Jusqu'à cette clairière, et voici ce quHl vit :

Un fer cheval de race à la noble encolure, Dans son sang répandu souillant sa chevelure, Expirait, dévoré tout vivant par des loups. Ses meurtriers parmi la ronce et les cailloux Le traînaient. Il n''était déjà plus que morsures. Ses entrailles à flots sortaient de ses blessures Et ses pieds éperdus trébuchaient dans la mort. En vain, de temps en temps, par un horrible effort, Il secouait par terre un peu des bêtes fauves ; D^autres monstres, sortis des antres, leurs alcôves, Se ruaient sur son cou, s'' attachaient à ses flancs, Dans sa chair déchirée enfonçaient leurs crocs blancs Et se mêlaient à lui dans d'effroyables poses. Et tout son corps teignait de sang leurs gueules roses. Enfin, morne, donnant sa vie à ses bourreaux,

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// toviba, les genoux ployés, comme un héros

Qiii défie, à l'instant suprême où tout s'efface,

Les spectres de la mort, et les voit face à face.

Sa prunelle effarée et vague interrogea

La nuit; puis le coursier vaincu, sentant déjà

Que dans ses doux regards entrait V Infini sombre

Et qu'il roulait au fond dans les gouffres de VOmbre,

Se leva sur ses pieds avant de s'endormir

Pour toujours, et frappant la terre, et, pour gémir,

Dans sa voix qui n'est plus trouvant un cri suprême,

Sublime, épouvantant l'agonie elle-même,

Et perçant une fois encor son voile obscur.

Leva vers les grands deux et roula dans l'azur

Ses yeux, d'oie s'enfuyait lentement V espérance.

Et Dante s'écria, l'dme en pleurs : O Florence !

Novembre 1862.

-"Ay

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