A MON AMIE
Hélas! qu'il fut luui^^, mon amie, T'en souvient-il?
Ce temps de douleur endormie, Ce noir exil
Pendant lequel, tâchant de naître
A notre amour, Nous nous aimions sans nous connaître !
Oh! ce long jour,
Cette nuit où nos voix se turent ,
deux a!{urés Qiii voye^ notre âme, oh! quUls furent
Démesurés !
J''avais besoin de toi pour vivre :
Je te voulais.
Fou, je rn'en allais pour te suivre,
Je t'appelais
Et je te disais à toute heure
Dans mon effroi :
« C'est moi qui te cherche et qui pleure.
Viens. Réponds-moi. »
Hélas! dans ma longue démence.
Dans mon tourment, J'avais tant souffert de l'immense
Isolement,
Et de cacher mon mal insigne,
Émerveillé De gémir tout seul, comme un cygne
Dépareillé ;