‹ Les Exostoses Sous-Calcanéennes et la TalalgieChapitre 2 sur 7 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

* Nées hier, les exostoses sous-calcanéennes par leur nombre, leur fréquence, les phénomènes douloureux qu’elles provoquent ont acquis déjà une place importante dans le cadre de la pathologie osseuse.

Il y a dix ans, à peine, que pour la première fois; un auteur américain Painter les signale simplement sur une radiographie du pied. L'éveil est donné et après lui, on va décrire, étudier, édifier -des théories pour définir ces reliefs osseux anormaux que le palper n'avait pu déceler.

Le pied plat, le traumatisme, la blennorragie, les diathèses arthritiques et ostéo-arthritiques, le travail d’ostéogénèse sont tour à tour incriminés ; ainsi, individuellement sont indiquées à peu près toutes les causes de l'exostose, mais aucun parmi les auteurs étrangers ne se résout à un éclectisme peut-être plus conforme à la réalité des faits. :

Les travaux se succèdent et s’échelonnent de 1905 à 1909 ; époque à laquelle le mémoire fondamental de MM. P. Reclus et A. Schwartz paru dans la Revue de Chirurgie (Juin 1909)

vient compléter magistralement les publications étrangères ; c’est le premier travail en France, sur le sujet. Ces auteurs nous ont donné une étude critique, clinique et pathogénique des diverses variétés d’exostoses : les rétro et les sous-calcanéennes. Ils ont pressenti leur grand nombre par la recherche méthodique, ils ont mis en relief les principaux agents qui semblent intervenir dans la genèse et la formation de l’exostose et fixé

la technique opératoire. Cette étude avons-nous dit, englobait deux variétés d’exostoses : nous ne traiterons ici que de l’une d'elles : la sous-calcanéenne qui à une physionomie un peu spéciale.

Nous essaierons dans les pages qui vont suivre de donner un exposé critique des théories pathogéniques, d'en discuter ja valeur et nous dirons les raisons qui nous portent à accepter telle cause plutôt qu'une autre, à admettre des influences multiples ou associées, bien qu'encore mal définies.

Nous apporterons un faisceau de preuves qui viennent corroborer les faits indiqués par MM. P. Reclus et A. Schwartz ; et nous verrens ainsi le rôle important que joue l'exostose dans l'histoire des douleurs du talon, qu'en un mot, un lien intime unit la talalgie à l’exostose.

La logique indique en effet que l’exostose manifestera sa présence par une gêne douloureuse de la marche et la question n'offrirait qu'un intérêt secondaire puisque l'expérience confirme ce fait. Mais nous porterons le débat plus loin et nous montrerons par quel mécanisine l’exostose parait provoquer la crise névralgique ; quand, du moins elle devient douloureuse, et c’est là un point important. — Absence ou présence de la douleur. — Et d’où vient cette douleur ?

Faut-il incriminer l’hygroma de la bourse séreuse de Lenoir que l’exostose allume, ou rajeunir les anciennes théories peu séduisantes et délaissées parce que mal localisées de la contusion chronique du talon d'Armand Després ? La douleur estelle dûe à la contusion des tissus mous de la plante du pied qui viennent buter et s’irritèr sur la lame osseuse ? Quel est la” valeur anatomique et physiologique de la bourse de Lenoir, et partant son rôle pathologique ? Autant de questions que nous allons envisager et que nous essaierons de résoudre.

Nous donnerons une esquisse clinique de cette affection avec le cortège de symptômes qui l'accompagne, nous définirons la forme typique de l’exostose sous calcanéenne et nous terminerons en indiquant la conduite à suivre pour le traitement.

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